François Legault refuse toujours d’imposer des pénalités à l’achat de gros véhicules

MONTRÉAL — François Legault refuse toujours de mettre un frein à l’achat de VUS et de camionnettes, et ce, malgré ses inquiétudes face au réchauffement climatique qui se manifeste brutalement en Europe, en Afrique et dans l’ouest du pays ces jours-ci.

Interrogé à ce sujet lors d’une annonce partisane à Montréal, jeudi, M. Legault a reconnu que «le réchauffement climatique, c’est inquiétant pour toute la planète et c’est inquiétant surtout quand on pense à nos enfants, nos petits-enfants». 

«Il faut agir», a-t-il lancé.

Il a toutefois refusé même d’aborder la question de mesures désincitatives à l’achat de gros véhicules, malgré des questions insistantes à ce sujet. Plutôt, le premier ministre n’a voulu parler que des incitatifs offerts à l’achat de véhicules électriques, sur lesquels il mise énormément.

«On a des incitatifs très importants pour ceux qui achètent des véhicules électriques», a-t-il d’abord rappelé, tout en reconnaissant qu’il y a un os: «Malheureusement, pour l’instant, il y a des délais de livraison qui sont longs, mais on va continuer d’y aller avec des incitatifs pour que les gens achètent plus de véhicules électriques.»

En fait, ces véhicules sont pour la plupart introuvables et les acheteurs se retrouvent sur des listes d’attente qui peuvent atteindre et même dépasser les deux ans. Pendant ce temps, les ventes de «camions légers» – un segment qui comprend les VUS et les camionnettes – ne cessent d’augmenter.

Principale cause de la hausse des GES 

Or, le transport demeure le plus important producteur de gaz à effet de serre au Québec et selon un rapport publié en février dernier par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal publié en février dernier, c’est la croissance des ventes de camions légers qui est la principale cause de l’augmentation des émissions de GES du Québec depuis 2014.

Cette croissance est phénoménale. Longtemps reconnu comme le plus grand consommateur de petites voitures économiques en Amérique du Nord, le Québec a depuis succombé aux charmes des gros véhicules lourds et énergivores.

Les VUS et camions légers, qui représentaient environ 20,1 % du parc automobile en 2011, occupent maintenant près de 42,2 %. La proportion d’automobiles, elle, a chuté de 71,3 % à 55,1 % du parc automobile québécois.

M. Legault a rappelé au passage que le Québec est l’État qui présente le plus bas taux d’émissions de GES en Amérique du Nord, une situation surtout imputable à la disponibilité d’une électricité renouvelable produite par les barrages hydroélectriques.

Aussi, a-t-il rappelé, «on a annoncé des projets importants dans le transport collectif, entre autres le REM de l’Est, entre autres la ligne bleue. Il y a en a aussi sur la Rive-Nord, sur la Rive-Sud».

«C’est certain qu’on doit continuer d’agir», s’est défendu le premier ministre, réaffirmant son objectif d’atteindre la carboneutralité pour 2050. «C’est ce qu’on vise et on espère que les voisins vont faire la même chose.» 

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