François Legault rend visite aux sinistrés du glissement de terrain à La Baie

SAGUENAY, Qc — Québec hausse de 260 000 $ à 375 000 $ l’indemnisation maximale pour reconstruire les résidences emportées la fin de semaine dernière par un glissement de terrain à Saguenay, mais des sinistrés doutent que ce sera suffisant.

Un résidant de 74 ans a interpellé le premier ministre François Legault mercredi pour pouvoir aller récupérer au moins quelques effets personnels dans sa demeure condamnée.

Les habitants de 67 des 76 domiciles touchés pourront retourner toutefois chez eux en toute sécurité, a-t-on aussi appris mercredi. Cinq maisons ne pourront être sauvées et devront être démolies, tandis que quatre autres pourraient s’ajouter après analyse.  

En conférence de presse sur place en matinée, devant tout un périmètre clôturé et une falaise mise à nue par la coulée de terre, M. Legault a indiqué que les travaux de consolidation pourraient prendre de deux à quatre mois, selon le ministère des Transports. 

«Ça va être dur», a reconnu M. Legault qui souhaite que tout se déroule plus vite.

Est-ce assez?

«Pensez-vous que 375 000 $, c’est un montant qui a du bon sens?» a-t-il demandé à Charles-David Bergeron-Brisson et Érika Simard, des parents de cinq enfants qui ont tout perdu: leur maison de trois étages est irrécupérable et ils ont à peine pu ramasser quelques vélos et jouets. 

«Je ne pourrais pas vous dire, on n’a pas fait de calcul», a répondu M. Bergeron-Brisson. Le gouvernement offre également une allocation pour le mobilier. 

Les enfants ont de la peine, répètent les parents. 

«C’était le château fort de mes enfants, dit le père. Ce qui me touche le plus, c’est d’avoir perdu la sécurité pour mes enfants.»

«Je n’ai rien de sorti»

Marius Harvey, âgé de 74 ans, a abordé le premier ministre après la conférence de presse. Ils ont eu un long échange à voix basse. 

Il est ému. On lui interdit l’accès à sa maison de la 8e avenue, encore indemne mais située tout près de ceux qui ont tout perdu. Lui aussi considère avoir tout perdu, 54 ans de vie dans son domicile. 

«Je n’ai rien de sorti (de la maison), j’ai des vêtements, des médicaments, des effets personnels, certaines choses qui me tiennent à cœur, que je n’ai pas pu récupérer», a-t-il témoigné.

«J’ai demandé si c’était possible d’y aller. Ce n’est pas certain.»

«Pas question de prendre le risque de retourner dans les maisons avant un certain temps», a insisté M. Legault durant la conférence de presse. 

Des évacués des 67 résidences sauvées pourraient bien refuser de réintégrer leur domicile. Certains ont déjà laissé entendre qu’ils ne voulaient plus habiter le secteur.  

«Il faut être capable de les rassurer avec des scientifiques, pour garantir qu’il n’y a pas de risques», a d’abord plaidé M. Legault. 

Et pour ceux qui persistent, «rien n’empêche quelqu’un de dire qu’il préfère vendre sa maison», a-t-il conclu.

«On peut commencer à dire tout le monde va déménager, si c’est sécuritaire.» 

Le premier ministre a par ailleurs annoncé que l’allocation de 20 $ par jour par personne versée aux évacués sera doublée, à 40 $. 

Ils sont près de 200 personnes à avoir été relocalisées en vitesse, certains dans des chambres d’hôtel, certains chez des proches, tandis que d’autres pourraient être relogés dans des appartements vides de l’office d’habitation.

D’ici à vendredi, tous ceux qui le souhaitent devraient pouvoir emménager dans un logement, assure-t-on.

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