François Legault vend son projet de loi 61 en Beauce

François Legault a profité d’un arrêt en Beauce, mardi, pour mousser son projet de loi 61 visant à accélérer des centaines de projets d’infrastructures.

En point de presse à Saint-Georges, il a énuméré tous les projets régionaux (maisons des aînés, routes, etc.) qui auraient pu être placés sur la voie rapide si seulement le projet de loi avait été adopté avant la pause estivale.

«On va revenir à la charge cet automne pour que ces projets avancent plus rapidement», a promis le premier ministre, qui entame cette semaine une grande tournée des régions.

Il a affirmé qu’un sujet avait dominé ses échanges avec les maires et mairesses de la Beauce: les «délais interminables» en matière d’évaluation environnementale, notamment.

Par exemple, obtenir une autorisation pour construire un simple planchodrome à Saint-Georges a pris trois ans et demi, lui a confié le maire Claude Morin.

«On est tous pour la défense de l’environnement, mais les délais sont vraiment inacceptables», a déclaré M. Legault devant les journalistes. 

Le projet de loi 61 n’a jamais passé l’étape de l’adoption du principe, les partis d’opposition soupçonnant le gouvernement de vouloir s’arroger des pouvoirs démesurés et contourner les règles de saine gestion.

Des organismes de surveillance, tels que la vérificatrice générale et le Comité public de suivi des recommandations de la commission Charbonneau, ont également levé plusieurs drapeaux rouges.

Dans une ultime tentative pour sortir de l’impasse son projet de loi, François Legault avait sollicité ses amis Facebook vendredi dernier pour faire pression sur l’opposition.

Interrogé mardi à savoir s’il comptait modifier le projet de loi, M. Legault a déclaré vouloir maintenir les droits d’appel des expropriés, ce qui n’était pas prévu à l’origine.

Pour le reste, il s’agira essentiellement de «ré-expliquer» le projet de loi, a-t-il dit.

«Mettre les projets par groupes, de dire: quels sont les problèmes pour les écoles, les CHSLD, les maisons des aînés, les nouveaux hôpitaux, (…) les tramways. (…) Chaque groupe de projets, d’expliquer quelle était la situation avant le projet de loi, et après le projet de loi.»

Le premier ministre a dit comprendre que l’opposition ne souhaite pas donner «complètement carte blanche» au gouvernement, «mais en même temps, on est un gouvernement majoritaire», a-t-il plaidé.

«Il y a une volonté réelle du côté de la population que nos infrastructures soient réalisées beaucoup plus rapidement.»

Ce n’est pas la première fois que M. Legault laisse entendre qu’il pourrait se servir de sa majorité pour faire adopter le projet de loi 61 à l’automne. La semaine dernière, il a évoqué le recours au bâillon lors de la prochaine session parlementaire.

«On a besoin de changer nos règles, nos lois, pour que nos projets se fassent dans des délais raisonnables», a-t-il martelé mardi.