Fraude: le ministère de l’Éducation met des mois à aviser les enseignants visés

QUÉBEC — Le ministère de l’Éducation blâme la COVID-19 pour l’envoi tardif d’une lettre destinée aux milliers d’enseignants touchés par un vol de données.

En tout, le ministère aura mis cinq mois avant d’envoyer cette lettre assurant le suivi avec les enseignants dont les renseignements personnels (nom, date de naissance, numéro d’assurance sociale) ont pu être dérobés.

«Après avoir analysé l’ensemble des données (…), le ministère confirme que vos renseignements personnels peuvent être visés par cet événement», écrit-on dans la missive dont La Presse Canadienne a obtenu copie jeudi.

«Il importe toutefois de préciser qu’il ne faut pas conclure que vos renseignements personnels ont été utilisés de manière frauduleuse.»

Le ministère invite désormais les enseignants qui le souhaitent à s’inscrire au service de surveillance du crédit de la firme Equifax, et ce, sans frais, pour une période de cinq ans.

Une adresse, myservices.equifax.ca/premfr, et un code d’activation ont été fournis. 

On encourage également les personnes croyant avoir été victimes d’une fraude ou d’un vol d’identité à contacter leur service de police municipal.

En 2019, à titre comparatif, Desjardins avait réagi très rapidement dès les premiers jours en offrant à ses clients une surveillance de crédit de cinq ans chez Equifax.

Retard à cause de la COVID-19 

La responsable des relations de presse au ministère de l’Éducation, Esther Chouinard, soutient que le ministère aurait aimé assurer un suivi avec les enseignants plus tôt ce printemps, mais que cela avait été impossible.

«La gestion de cet événement a nécessité la contribution de plusieurs organismes gouvernementaux, dont plusieurs devant gérer prioritairement la crise sans précédent de la COVID-19. C’est ce qui a induit un retard dans l’expédition de cette lettre», a-t-elle déclaré à La Presse Canadienne.

Le vol de données au ministère de l’Éducation avait fait les manchettes plus tôt cette année avec la publication, le 21 février dernier, d’un communiqué de presse gouvernemental plutôt général.            

Dans le communiqué, le gouvernement confirmait que des fraudeurs avaient accédé à une base de données renfermant les renseignements personnels de près de 360 000 enseignants.

Il promettait d’envoyer une lettre «sous peu» aux personnes visées, afin de les informer des mesures à prendre et des ressources disponibles.

La fiabilité des systèmes informatiques du gouvernement n’était pas remise en cause, disait-on, puisque le vol aurait été commis à partir de l’utilisation d’un code d’accès et d’un mot de passe.

Il y a un an, la Sûreté du Québec avait procédé à l’arrestation de deux hommes de Montréal relativement à plusieurs vols d’identité commis au printemps 2018 dans plusieurs régions du Québec.

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