Friends of Science salue Élections Canada pour sa mise en garde aux écologistes

OTTAWA — Une organisation de Calgary qui soutient que le réchauffement de la planète est loin d’être une urgence mondiale a déclaré qu’Élections Canada avait raison de surveiller de près les communications du lobby des changements climatiques en période de campagne.

Dans une lettre ouverte, Friends of Science Society félicite l’organisme fédéral qui supervise les élections canadiennes d’avoir indiqué que la science sur les changements climatiques n’est pas un débat clos.

Le groupe dit «merci» à Élections Canada d’avoir reconnu que «le changement climatique est devenu un enjeu politique».

Friends of Science Society se présente comme un défenseur non partisan du débat civil sur le changement climatique, qui selon lui n’est pas causé par l’humain ou les émissions de dioxyde de carbone, mais simplement par le soleil. L’organisation établie à Calgary affirme que le consensus sur le changement climatique est alimenté par les «milliardaires verts étrangers» ayant des intérêts dans les énergies renouvelables qui tentent de vaincre leur principale concurrence: les combustibles fossiles.

Les groupes environnementaux pris à partie affirment que le propos de cette organisation est exactement la raison pour laquelle ils étaient préoccupés par la décision d’Élections Canada au cours de l’été, selon laquelle les changements climatiques pourraient être considérés comme un sujet politique objet de débat plutôt qu’un fait scientifique.

Tim Grey, directeur général de l’organisme environnemental Environmental Defence, déplore qu’en vertu de la démarche d’Élections Canada, des organismes de bienfaisance ne puissent pas diffuser de communications payées — de publicités — sur des faits scientifiques pour la durée d’une campagne électorale cruciale.

Obligation de s’inscrire comme un tiers

La majorité des sondages suggèrent que les changements climatiques et l’environnement sont plus importants que jamais pour les électeurs canadiens, motivés par les découvertes scientifiques et l’expérience vécue par les gens d’inondations et d’incendies de forêt plus fréquents.

La plupart des principaux partis politiques au Canada s’accordent pour dire qu’il existe un consensus scientifique sur le fait que le changement climatique est réel, principalement en raison des combustibles fossiles générés par l’homme, et présente une menace croissante pour la sécurité des Canadiens et la population mondiale.

Toutefois, Élections Canada a averti certains groupes environnementaux au cours de l’été que toute communication payée sur la véracité du changement climatique pourrait être considérée comme une question partisane après le déclenchement officiel des élections, car le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a nié que l’homme contribue au changement climatique et qu’il s’agit d’une urgence pour la santé et la sécurité.

La loi électorale du Canada impose des restrictions à la publicité par des tiers pendant les campagnes, ce qui a une incidence sur toutes les annonces relatives à un problème soulevé par un parti. Les règles n’empêchent pas les tiers de parler de tels enjeux, mais si les dépenses en publicités atteignent 500 $, ils doivent s’inscrire en tant que tiers essayant d’influencer le résultat du scrutin.

M. Gray souligne que la législation sur l’impôt exige que les organismes de bienfaisance soient non partisans, et dit croire que de s’inscrire comme un tiers pour pouvoir commenter pendant une élection pourrait alimenter des critiques d’impartialité à l’égard de groupes de défense de l’environnement.

En août, plus de 350 scientifiques canadiens ont écrit à Élections Canada pour lui demander de réviser sa mise en garde, mais l’organisation affirme simplement respecter la Loi électorale du Canada.

Michelle Stirling, responsable des communications pour Friends of Science, a affirmé que l’organisation n’avait pas encore déposé de plainte auprès d’Élections Canada ou de l’Agence du revenu du Canada au sujet d’activités partisanes d’organismes de bienfaisance, mais envisagerait de le faire si les circonstances le justifiaient.

Elle a évoqué une campagne de la Fondation David Suzuki appelant les élèves à participer à une grève mondiale pour le combat contre le changement climatique le 27 septembre. La date s’inscrit parfaitement dans la période de campagne fédérale, qui doit commencer légalement au plus tard le 15 septembre.