Front commun FTQ-Construction-Conseil provincial, sans pacte de non-maraudage

MONTRÉAL — Un front commun intersyndical voit le jour dans l’industrie de la construction, alors que la période de maraudage vient de débuter, en pleine pandémie de coronavirus.

Ce front commun réunit les deux plus grandes organisations syndicales du secteur, soit la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International). Ensemble, ils représentent près de 70 pour cent des travailleurs de l’industrie.

En entrevue lundi, Éric Boisjoly, directeur général de la FTQ-Construction, et Michel Trépanier, président du Conseil provincial, ont décrit ce front commun comme «un engagement à collaborer».

Et cet engagement tiendra aussi pour négocier les futures conventions collectives de l’industrie avec les associations patronales, en 2021.

«Quand on travaille ensemble, on est capable de faire avancer les dossiers. C’est un pacte de collaboration», a expliqué M. Trépanier.

Ce front commun ne prévoit cependant pas de pacte de non-maraudage entre les organisations syndicales. «(Si on en avait adopté un) on se serait fait dire que c’est contre la liberté d’expression», a justifié M. Boisjoly.

Pour le maraudage qui vient de débuter, les deux organisations syndicales ont même adopté un slogan commun: «ensemble, nous sommes la construction».

Historiquement, ces deux organisations syndicales, les plus puissantes de l’industrie, se sont rapprochées, puis éloignées, puis rapprochées de nouveau.

Maraudage et pandémie

Le maraudage dans l’industrie de la construction survient une fois aux quatre ans, du 1er au 31 mai.

Il est suivi du scrutin syndical, en juin, qui permet aux quelque 175 000 ouvriers de changer d’allégeance syndicale, s’ils le souhaitent. S’ils n’exercent pas leur droit de vote, ils sont présumés vouloir garder la même allégeance.

En pleine pandémie du coronavirus, le maraudage devra prendre une nouvelle forme qui exclura les rassemblements et les rencontres rapprochées.

«On va y aller avec les technologies, les réseaux sociaux, Facebook, les sites internet. On a la liste des votants, des participants. Ça va se faire beaucoup par téléphone», a expliqué M. Boisjoly.

Quelques milliers de travailleurs avaient changé d’allégeance, lors du dernier scrutin, en juin 2016. À l’issue de ce scrutin, la FTQ-Construction représentait 44 pour cent des travailleurs, le Conseil provincial 24 pour cent, le Syndicat québécois de la construction 16 pour cent, la CSD-Construction 10 pour cent et la CSN-Construction 6 pour cent.

Ces chiffres ont toutefois pu être légèrement modifiés depuis, avec les départs et les arrivées dans l’industrie.

Les plus populaires