Les Québécois infectés pourront avoir deux doses, recommandation du CCNI à venir

OTTAWA — Même si Québec et Ottawa ne s’entendent pas sur la protection qu’offre une dose de vaccin et une infection récente à la COVID-19, tous les Québécois qui voudront voyager pourront demander leurs deux doses de vaccin afin de satisfaire les règles canadiennes et internationales. 

Les assouplissements à la frontière annoncés par Ottawa lundi qui concernent les voyageurs canadiens et qui entreront en vigueur dans deux semaines s’appliquent uniquement aux personnes qui ont eu deux doses de vaccin, sans tenir compte du critère de Québec de considérer les personnes ayant eu la COVID-19 et ayant eu une seule dose de vaccin comme étant pleinement vaccinées.

Mardi, le directeur national de santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda, et l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dre Theresa Tam, ont semblé débattre de la question lors de conférences de presse distinctes. 

«La protection n’est jamais de 100 % même avec deux doses, mais une maladie, c’est comme faire une bonne dose de vaccin. Et une deuxième dose, ça permet de maintenir l’immunité. Si on avait des données qui changent les études cliniques internationales, on va être les premiers à offrir une deuxième dose si c’est nécessaire aux gens qui ont fait la maladie», a déclaré Dr Arruda. 

«Alors que nous apprécions l’analyse et la perspective du Québec, toutes les provinces et tous les territoires suivent la recommandation du CCNI (Comité consultatif national de l’immunisation) à ce stade-ci. Comme gouvernement fédéral, nous ne pouvons pas avoir des politiques différentes pour différentes parties du pays», a fait valoir Dre Tam.

«Ce n’est pas juste la science, mais si la science est en effet vérifiée dans ce contexte, comment saurons-nous que quelqu’un a eu la COVID précédemment et qu’une seule est donc suffisante? Alors ce n’est pas aussi simple qu’on peut le croire», a-t-elle poursuivi. 

«Moi, actuellement, quelqu’un qui a fait la maladie, qui a reçu une dose récemment, je dormirais sur mes deux oreilles», a répliqué Dr Arruda lorsqu’une journaliste l’a informé de la réaction de l’administratrice en chef de la santé publique du Canada. 

Tant à Québec qu’à Ottawa, on a cependant convenu que le CCNI allait réévaluer la situation en fonction des nouvelles données. Et puis, la décision ne sera pas que canadienne, elle sera internationale. Dans les circonstances, Québec promet de s’adapter.

«Actuellement, il y a un flou. Parce qu’on n’a pas toutes les ententes internationales encore. Mon conseil, c’est: si vous ne voyagez pas, vous pouvez attendre et on va vous revenir dès que les décisions sont prises au point de vue international. Mais si vous avez besoin de le faire immédiatement, présentez-vous et on va vous donner une deuxième dose», a dit Dr Arruda. 

D’autres assouplissements à venir

D’autres assouplissements pour les voyageurs à la frontière seraient à prévoir dans les prochaines semaines, à condition que la vaccination continue d’aller bon train et que la situation sanitaire le permette toujours, a indiqué le premier ministre Justin Trudeau lors d’une conférence de presse à sa résidence de Rideau Cottage, mardi, où il observe une période de quarantaine. 

«On espère avoir d’autres nouvelles pour encore plus d’ouverture dans les semaines à venir. Ça dépend évidemment de la situation de vaccination, de la situation de COVID, des variants et de ce qui se passe ailleurs dans le monde aussi. Mais on est en train de regarder attentivement parce que tout le monde a hâte de retourner à un été un peu plus ordinaire et normal», a-t-il dit. 

M. Trudeau s’est vu forcé de défendre l’approche de son gouvernement sur les frontières, critiquée par les partis d’opposition et les gens d’affaires qui réclament un calendrier plus précis. 

Il a dit, en anglais, que «personne ne veut voir de nouvelles restrictions revenir cet été parce que le volume (de voyageurs) était trop élevé, ou parce que nous avons été trop pressés». C’est pourquoi son gouvernement compte privilégier une approche «prudente et graduelle» parce qu’il est «plus important de (se rendre à destination) aussi rapidement qu’il est sécuritaire et responsable de le faire». 

Le gouvernement fédéral a prolongé d’un autre mois, jusqu’au 21 juillet, les restrictions appliquées depuis le début de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, tant aux frontières internationales qu’à la frontière canado-américaine.

Le président du comité ministériel sur la lutte contre la COVID-19, Dominic LeBlanc, n’a pas voulu dévoiler de détails sur la suite des choses après cette date. «De toute évidence, alors que nous allons nous approcher de cette date dans trois ou quatre semaines, nous allons voir quelle sera l’approche prudente que nous mettrons en place», s’est-il contenté de dire. 

En ce moment, environ 20 % des Canadiens ont reçu leurs deux doses de vaccin.

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