Les funérailles de la fillette de Granby attirent des centaines de personnes

GRANBY, Qc — La fillette de sept ans de Granby dont la mort a suscité un tollé sur le système de protection des enfants au Québec a été portée à son dernier repos, jeudi, lors de funérailles célébrées devant des centaines de personnes — dont plusieurs parfaits étrangers de la famille.

Un silence de plomb s’est abattu lorsque des porteurs ont transporté le petit cercueil dans l’église St-Eugène de Granby.

L’église avait été décorée avec plusieurs dizaines de peluches d’animaux placés au milieu des vitraux et des statues religieuses.

«Je voulais envoyer plusieurs messages, mais entre autres, pour la petite fille: « On te demande pardon »», a déclaré Serge Pelletier, le prêtre qui présidait la cérémonie.

«Et pour la communauté et pour le Québec: « Est-ce qu’on peut être attentif les uns aux autres, et particulièrement pour les plus vulnérables, dont les enfants? »»

La cérémonie émotive a été entrecoupée de larmes et de cantiques pour la petite fille. La victime ne peut être nommée parce qu’elle était impliquée avec la protection de la jeunesse et qu’elle fait l’objet d’un interdit de publication.

La fillette est morte à l’hôpital le 30 avril, un jour après que la police l’eut retrouvée dans une résidence de Granby.

Deux adultes — identifiés par les personnes proches de la famille comme étant le père de la victime et sa conjointe — ont été accusés de séquestration. La conjointe a également été accusée de voies de fait graves. Ils doivent retourner en cour le 23 mai.

Les événements tragiques ont provoqué l’ouverture de plusieurs enquêtes, dont une enquête publique du coroner sur la mort de la fillette, qui était suivie par la Direction de la protection de la jeunesse depuis de nombreuses années.

Des discours émotifs

La grand-mère paternelle et la mère de la fillette avaient du mal à combattre leurs larmes en lisant un poème, avant d’entonner la chanson «Que je t’aime», de Johnny Hallyday. L’oncle paternel de la petite a éclaté en sanglots lorsqu’il a lu une carte accompagnant un bouquet de fleurs.

Dans les derniers jours, des centaines de personnes ont rendu hommage à la fillette, notamment en laissant des peluches à un mémorial installé à la maison de la fillette, à quelques kilomètres de l’église.

Sa famille en a donné la moitié à l’hôpital de Sherbrooke, tandis que le reste des toutous ont été donnés à des gens présents à l’église, qui devaient le remettre à un enfant dans le besoin.

«Les enfants ont besoin d’aide»

Darlene Ryan, une porte-parole de la famille qui milite pour le droit des victimes, a affirmé qu’il fallait faire toute la lumière sur ce qui s’est passé. Elle réclame également la création d’un ombudsman qui traiterait les dossiers touchant la protection de la jeunesse.

«Les enfants ont besoin d’aide, a-t-elle martelé. La victime pour qui nous étions ici aujourd’hui avait désespérément besoin d’aide et le système n’était pas là.»

Mme Ryan affirme que la famille est déjà épuisée sur le plan émotionnel, mais a ajouté que leur épreuve ne faisait que commencer.

La famille s’inquiète particulièrement du sort du jeune frère de la victime, qui a été retiré de la maison familiale après la mort de sa soeur. «Il est avec des étrangers en ce moment, nous ne savons pas où et nous ne savons pas le genre d’aide qu’il reçoit», a indiqué Mme Ryan.

De purs inconnus présents

Certaines personnes qui ont assisté à la cérémonie avaient de vagues connexions avec des membres de la famille, mais d’autres ne les connaissaient pas du tout.

Hélène Bourdeau, qui fréquente la paroisse depuis 69 ans, a voulu aller donner son appui à la mère qui a perdu sa fillette. Elle-même dit avoir perdu son petit garçon.

Thérèse Fournier, une résidente de Granby depuis 1979, s’est dite indignée par le décès de la fillette. Lorsqu’elle a appris sa mort, elle s’est sentie très en colère de ce drame lui semblant invraisemblable.