Trois des cinq victimes à Vaughan étaient du C.A. de l’immeuble en copropriété

VAUGHAN, Ont. — Trois membres du conseil d’administration d’un immeuble en copropriété figuraient parmi les cinq personnes tuées dimanche soir dans le bâtiment de la banlieue de Toronto par un résident de 73 ans qui s’est rendu dans plusieurs unités et a utilisé une arme de poing semi-automatique, ont précisé lundi les autorités.

La police a indiqué que le suspect, Francesco Villi, aurait tué trois hommes et deux femmes dimanche soir, à Vaughan. La police n’a pas donné plus de détails sur les victimes. Une femme de 66 ans qui a également été atteinte par balle dans son appartement était hospitalisée.

Le chef de la Police régionale de York, Jim MacSween, a déclaré que la «fusillade tragique» avait pris fin après que les policiers ont été appelés dans l’immeuble un peu avant 19 h 30, dimanche. Les policiers ont suivi le suspect jusqu’au troisième étage, où un agent l’a abattu.

«Le motif de la fusillade fait partie de cette enquête très compliquée et très fluide, qui est toujours en cours à l’heure actuelle», a déclaré M. MacSween lors d’une conférence de presse.

Des documents judiciaires indiquent qu’un homme portant le même nom que le tireur présumé était en conflit depuis un certain temps avec le conseil d’administration de son immeuble en copropriété.

M. Villi a intenté en 2020 une poursuite contre six administrateurs et dirigeants du conseil. Il alléguait alors que les membres du conseil «avaient commis des actes de crime et de criminalité à partir de 2010».

Il soutenait que les administrateurs lui avaient délibérément fait subir cinq ans de «tourments» et de «tortures» liés à des problèmes présumés avec la salle électrique sous son condo, selon les documents judiciaires. Le juge Joseph Di Luca a rejeté la poursuite l’été dernier, la qualifiant de «frivole» et «vexatoire». 

Des documents judiciaires montrent également que M. Villi devait revenir devant le tribunal lundi, alors que le conseil d’administration cherchait à le faire expulser pour nuisance.

D’autres documents judiciaires montrent par ailleurs que le conseil avait demandé en 2018 contre M. Villi une ordonnance d’interdiction de communiquer, pour son «comportement prétendument menaçant, abusif, intimidant et harcelant» envers le conseil, la gestion immobilière, les travailleurs et les résidents de l’immeuble.

John DiNino, un membre du conseil cité dans les documents judiciaires, a déclaré à La Presse Canadienne que sa femme, Doreen, avait été abattue dans l’immeuble dimanche et subissait lundi une intervention chirurgicale d’urgence.

Sur la page Facebook d’un homme du nom de Francesco Villi, une vidéo en ligne a été publiée quelques heures avant la fusillade de dimanche. Dans celle-ci, un homme s’identifie, énumère l’adresse de l’immeuble où a eu lieu la fusillade et dit qu’il est un résident de la copropriété.

La vidéo montre également l’homme qualifiant un membre du conseil d’administration de «monstre» et alléguant que les propriétaires d’immeubles, les membres du conseil de copropriété, les avocats et les juges conspirent contre lui.

«Tout le monde travaille pour me détruire, dit-il dans cette vidéo de 16 minutes. Je ne deviendrai jamais l’un d’entre vous – des menteurs, des démons – jamais.»

Tony Cutrone, membre du conseil d’administration de la copropriété depuis mars, a déclaré qu’il possédait une unité dans l’immeuble où vit sa mère de 79 ans. Il a dit qu’il avait rejoint le conseil parce qu’un homme du nom de Francesco Villi harcelait sa mère et d’autres résidents âgés.

Il soutient que M. Villi se promenait avec sa canne, criait après les résidents et leur disait des choses offensantes et blessantes. Une fois que M. Cutrone s’est a joint au conseil d’administration, il a déclaré avoir appris que M. Villi se plaignait depuis longtemps des bruits qui provenaient d’une salle électrique.

«Il harcelait n’importe qui et tout le monde, a déclaré M. Cutrone. Nous n’arrivions pas à garder les femmes de ménage, les dirigeants, la sécurité. Personne ne voulait travailler là.»

M. Cutrone a déclaré que le conseil d’administration ne pouvait pas faire grand-chose. «Nous étions menottés, a-t-il dit, ajoutant qu’il n’avait jamais soupçonné que la situation pouvait déboucher sur des violences. «Je ne pensais pas qu’il irait jusque-là (…) Je pensais qu’il ne faisait qu’aboyer.» 

La «police des polices» en Ontario a déclaré lundi que le tireur présumé avait été déclaré mort sur les lieux peu après 20 h dimanche soir. Une arme de poing semi-automatique a été récupérée sur les lieux, a indiqué l’Unité des enquêtes spéciales. 

La police ne pouvait pas préciser si le tireur présumé était un propriétaire d’armes à feu enregistré.

Une quinzaine d’autopatrouilles et un camion d’identification médico-légale étaient présents à l’extérieur de l’immeuble lundi. Les résidents qui avaient été évacués la veille ont pu regagner l’immeuble tôt lundi matin.

Dans une déclaration publiée en ligne, le maire de Vaughan, Steven Del Duca, a rendu hommage aux «courageux premiers intervenants», tout en présentant ses condoléances au nom de la Ville aux familles des victimes. Le premier ministre Doug Ford s’est aussi dit troublé par cette «violence insensée».  

L’UES a précisé que six enquêteurs, dont deux en médecine légale, avaient été chargés d’analyser la réponse de la police à cette fusillade. L’UES est appelée à enquêter lorsque la conduite de la police peut avoir entraîné la mort ou des blessures graves.

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