Fusillade en N.-É.: les familles exigent une enquête publique rapide

BIBLE HILL, N.-É. — Des dizaines de personnes ont manifesté en Nouvelle-Écosse, mercredi, pour réclamer la tenue dans les plus brefs délais d’une enquête publique sur la fusillade du mois d’avril, qui a fait 22 morts.

Environ 280 personnes ont marché du stationnement d’une épicerie jusqu’au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Bible Hill, tout près de la ville de Truro.

Le rassemblement a été organisé par les familles des victimes pour protester contre la lenteur dans la mise sur pied de l’enquête publique qu’ils réclament, plus de trois mois après la tuerie des 18 et 19 avril dans le centre et le nord de la Nouvelle-Écosse.

Les gens portaient des pancartes à la mémoire de chaque victime et scandaient: «Nous exigeons des réponses!»

Les organisateurs Nick Beaton, dont la femme Kristen Beaton a été tuée, et Darcy Dobson, qui a perdu sa mère Heather O’Brien, ont déclaré que la manifestation avait été organisée au nom des 22 familles.

Le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, Mark Furey, a indiqué que les gouvernements provincial et fédéral étaient toujours en train de peaufiner les détails de la façon dont une enquête publique fonctionnerait, et il a attribué les délais à des questions techniques.

«Il était censé y avoir une annonce il y a plus d’un mois, et il n’y en a pas eue», a déploré Mme Dobson devant les journalistes, ajoutant que les familles méritaient de la transparence.

M. Beaton a estimé qu’il y avait beaucoup à apprendre sur les meurtres et l’action de la police dans cette affaire. «La GRC a des choses à apprendre. Une enquête publique l’aidera à comprendre ce qui ne s’est pas bien passé», a-t-il dit.

En juin, les familles des victimes avaient annoncé leur intention de lancer une action collective contre la GRC et le gouvernement provincial, en faisant valoir que la police n’avait pas protégé ni informé adéquatement le public pendant les attaques.

Plusieurs questions sans réponse

Dans les jours ayant suivi la tragédie, M. Beaton avait déclaré en entrevue avec La Presse Canadienne que sa femme serait toujours en vie si une alerte d’urgence avait été lancée après que le tireur eut quitté la région de Portapique.

Selon M. Beaton, les hauts dirigeants de la GRC n’ont pas su communiquer l’ampleur de la menace en la détaillant dans une série de gazouillis, plutôt que de lancer une alerte d’urgence qui serait apparue sur les téléphones intelligents et les écrans de télévision des gens de la région.

Il croit tout de même que l’alerte d’urgence n’est qu’une question parmi toutes celles qui entourent le massacre ayant mené à la mort de 22 personnes dans cinq communautés de la Nouvelle-Écosse.

Les autorités policières ont déclaré que le tireur, Gabriel Wortman, avait eu accès à une arme de poing et des armes d’épaule pour lesquelles il ne détenait pas de permis. La police n’a toutefois pas précisé comment il avait pu se procurer ces armes ni la réplique d’une voiture de la GRC qu’il conduisait lors de la tuerie.

Des questions ont aussi été soulevées sur la façon dont l’homme de 51 ans est parvenu à contourner le périmètre policier autour de Portapique.

Muni de plusieurs armes semi-automatiques, il a mis le feu à des propriétés et tué 13 personnes à Portapique avant de quitter la région. Il a tué neuf autres personnes le lendemain, dans le nord et le centre de la Nouvelle-Écosse, avant qu’un agent de la GRC l’abatte dans une station-service à Enfield, environ 90 kilomètres au sud de Portapique.

Le suspect est parvenu à échapper à la police pendant 13 heures.

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