Fusion nucléaire: «il faut rester ouvert à toute nouvelle technologie»

QUÉBEC — La percée majeure réalisée en énergie nucléaire cette semaine intéresse le gouvernement Legault.

Selon le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, «il faut rester ouvert à toute nouvelle technologie».

Il a exprimé mercredi son intérêt envers une toute nouvelle découverte d’un centre de recherche américain, qui permettrait de produire de l’électricité par la fusion nucléaire.  

Toutefois, le Québec n’est pas encore prêt à relancer la filière nucléaire. «On n’est pas là encore», a précisé le ministre en mêlée de presse avant de se rendre au conseil des ministres.

Le gouvernement veut toutefois évaluer toutes les options et n’écarte pas le retour du nucléaire, même s’il s’agit d’une technologie controversée qui, même si elle n’émet pas de gaz à effet de serre (GES), génère des déchets radioactifs complexes à stocker et soulève de nombreux enjeux de sécurité. 

M. Fitzgibbon a notamment évoqué la filière des petits réacteurs modulaires (PRM), une technologie qui suscite encore des questionnements, mais qui est prônée par l’Ontario entre autres. 

«Il faudra bientôt regarder quelles technologies sont disponibles par rapport aux besoins en énergie renouvelable du Québec et l’offre, qui peut venir de barrages, de l’éolien, les PRM.»

Rappelons que le gouvernement Legault a déjà fait savoir qu’il était en faveur de la relance des grands projets hydroélectriques afin de combler les besoins en énergie dans la transition vers une économie «verte», décarbonée, avec l’objectif «zéro émission» de GES en 2050. 

L’exploit technologique annoncé mardi aux États-Unis a été qualifié d’une des réalisations scientifiques les plus impressionnantes du 21e siècle par la secrétaire d’État à l’Énergie, Kennifer Granholm.

Actuellement, les centrales nucléaires ont plutôt recours à la fission nucléaire, soit l’éclatement d’atomes, pour produire de l’énergie. 

La fusion nucléaire, soit l’amalgame de deux noyaux légers, libère en fait plus d’énergie qu’il en faut pour la provoquer. Elle génère plus d’énergie que la fission, est moins dangereuse et produit moins de déchets, selon les spécialistes. La fusion est en fait la même réaction que celle qui alimente les étoiles, dont le soleil. 

Cette source d’énergie pourrait aider les États à se débarrasser de leur dépendance aux énergies fossiles polluantes et faciliter l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre. 

Mais selon les experts cités dans les médias, il faudrait encore plusieurs décennies pour domestiquer cette source d’énergie.

Hydro-Québec n’a compté qu’une seule centrale nucléaire dans son parc de production. Il s’agit de Gentilly II, qui a été en activité pendant 29 ans et qui a fermé définitivement en 2012. 

La phase de démantèlement des installations se terminera en 2062, selon des documents d’Hydro-Québec déposés à la Commission canadienne de la sûreté nucléaire. 

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