G7: Justin Trudeau rencontrera Donald Trump

OTTAWA — Des responsables de la Maison-Blanche ont indiqué que le premier ministre Justin Trudeau aura un tête-à-tête avec le président Donald Trump ce week-end en marge du sommet du G7 en France, où leurs griefs collectifs avec la Chine ne manqueront pas de dominer l’ordre du jour.

Les responsables ont déclaré que le large éventail de questions à discuter comprend les tensions actuelles à Hong Kong, où les manifestations en faveur de la démocratie s’intensifient depuis des semaines, suscitées par un projet de loi qui aurait vu certains suspects dans des affaires pénales être envoyés en Chine continentale pour y être jugés.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a exprimé son soutien au droit de manifester pacifiquement à Hong Kong. Elle a été réprimandée par la Chine, qui est déjà furieuse contre le Canada pour avoir arrêté la directrice financière du géant technologique de Huawei, Meng Wanzhou.

Pékin a répliqué en arrêtant deux Canadiens et en bloquant les importations de canola canadien.

Mme Freeland était à l’avant-scène jeudi avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui a réprimé toute suggestion que la détention de Michael Kovrig et Michael Spavor soit associée à la détention de Mme Meng, qui a été arrêtée en décembre dernier à la demande du département de la Justice des États-Unis.

Elle attend maintenant son extradition vers les États-Unis pour faire face à des allégations de fraude en violation des sanctions imposées à l’Iran.

«Ce sont des questions fondamentalement différentes de la décision canadienne d’utiliser sa procédure officielle et la règle de droit pour se comporter d’une manière profondément compatible avec le mode de travail des nations décentes», a déclaré M. Pompeo lors d’une conférence de presse à Ottawa, où il a rencontré M. Trudeau et Mme Freeland.

«Ils veulent parler de ces deux-là comme s’ils étaient équivalents, comme s’ils étaient moralement similaires, ce qu’ils ne sont fondamentalement pas.»

Réaction chinoise

Vendredi, la Chine a riposté.

«Les États-Unis et le Canada chantent un duo visant à confondre le bien et le mal dans une farce politique», a déclaré Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, selon une transcription en anglais d’une conférence de presse publiée en ligne.

M. Geng a qualifié de légitimes les arrestations de MM. Spavor et de Kovrig, affirmant que les deux hommes étaient accusés d’avoir accumulé, volé et partagé des secrets d’État avec des renseignements étrangers, et que les États-Unis n’avaient pas le droit de commenter publiquement leur cas.

«Les États-Unis ont chorégraphié tout l’incident impliquant Mme Meng Wanzhou et ont eu recours au pouvoir de l’État pour réprimer les entreprises de haute technologie chinoises, » un incident dans lequel le Canada « a joué un rôle scandaleux », a-t-il déclaré, selon la transcription.

«L’incident de Meng est d’une nature complètement différente de l’affaire des deux Canadiens. Il s’agit d’un incident politique grave, alors que Michael Kovrig et Michael Spavor ont été arrêtés conformément à la loi pour des crimes présumés mettant en danger la sécurité nationale de la Chine.»

MM. Trudeau et Trump auront également à l’ordre du jour leur engagement commun à ratifier le nouvel Accord de libre-échange nord-américain — ou l’Accord États-Unis-Mexique-Canada — comme l’a baptisé le président américain.

Le Mexique a déjà ratifié le pacte commercial continental; le gouvernement Trudeau, qui a présenté un projet de loi de mise en œuvre à la Chambre des communes, repousse la ratification finale jusqu’à ce que l’accord soit ratifié aux États-Unis, où les législateurs démocrates menacent de bloquer le processus.

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