G7: les discussions sur l’Afrique mises de côté pour parler des océans

OTTAWA — Le gouvernement Trudeau mettra de côté les discussions traditionnelles sur l’Afrique au sommet du G7 pour organiser une séance spéciale sur l’état des océans, à laquelle seront invités les plus grands dirigeants politiques et financiers du monde.

L’organisateur du sommet, Peter Boehm, assure toutefois que le Canada ne tourne pas le dos au continent africain, qui a fait l’objet de moult discussions aux sommets du G7 des vingt dernières années.

Le deuxième jour de la rencontre internationale, le 9 juin, sera consacré aux océans, un sujet apparemment important pour le premier ministre Justin Trudeau.

Parmi les invités, on retrouvera les dirigeants de plusieurs pays, dont certains d’États insulaires qui sont menacés par le réchauffement climatique, et d’autres provenant de pays africains, a indiqué M. Boehm lors d’un événement à Ottawa il y a quelques jours.

Son bureau n’a pas fourni de détails sur les autres personnes qui participeront à la séance spéciale.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, la directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde, ainsi que les dirigeants de la Banque mondiale et de l’Organisation de coopération et de développement économiques seront aussi présents, selon M. Boehm.

La séance remplacera une réunion avec les dirigeants africains qui faisait traditionnellement partie des anciens sommets.

M. Boehm a affirmé que la rencontre aura cette fois-ci un thème, les océans, au lieu d’être centrée sur une zone géographique du monde.

M. Trudeau souhaitait organiser une discussion en profondeur avec un grand groupe de pays sur les océans, a-t-il précisé.

«Pour ceux qui croient que nous tournons le dos à l’Afrique parce que l’Afrique était la région privilégiée — ce n’est pas le cas, nous aurons beaucoup de dirigeants africains qui seront présents aussi», a-t-il justifié.

Le G7 offre une séance aux dirigeants africains depuis 2001, lorsque l’Italie avait reçu les dirigeants des différents pays. Le Canada avait pris le relais en 2002, alors que le premier ministre de l’époque, Jean Chrétien, avait fait du développement de l’Afrique l’un des thèmes centraux de la rencontre qu’il a présidée à Kananaskis, en Alberta.

Ian Smillie, un agent de développement et un auteur spécialisé sur l’Afrique, croit qu’il ne manque pourtant pas de problèmes sur le continent pour que les dirigeants du G7 s’y attardent.

«De toutes les régions en développement, l’Afrique est très loin derrière en matière de développement, est perturbé par les conflits et fourni au reste du monde le plus grand nombre de réfugiés et de gens en déplacement. Et il y a l’Ebola», a-t-il déclaré.

«Les priorités sur le développement semblent s’éloigner de plus en plus ces temps-ci.»

Justin Trudeau devrait axer les discussions sur les océans autour de trois thèmes: la lutte contre la surpêche, la diminution des déchets en plastique et la montée du niveau de la mer qui menace des régions côtières, dont certains États américains.

John Kirton, un expert spécialisé sur ce genre de sommets, croit que cette séance est une façon d’inclure les États-Unis dans la discussion sur les changements climatiques, sans forcer l’administration Trump à reconnaître la réalité du réchauffement climatique.

L’année dernière, la saison des ouragans a été particulièrement difficile pour les zones côtières, dont Porto Rico.