G7: les travaux de l’Assemblée nationale seraient suspendus jeudi et vendredi

QUÉBEC — Le temps perdu à l’Assemblée nationale en raison du sommet du G7 doit absolument être récupéré, croit le premier ministre Philippe Couillard.

En cette fin de session parlementaire — et de législature —, trop de projets de loi importants pour le gouvernement restent à adopter, a-t-il signifié lundi, en marge de l’annonce de la candidature de l’ex-conseillère municipale Marie France Trudel dans la circonscription de Montmorency, à Québec.

«Il faut le faire parce qu’il y a des projets de loi qui ne sont pas simplement importants pour notre parti, mais pour toute la population du Québec», a déclaré le premier ministre. 

«Qu’on pense, par exemple, au projet de loi sur les normes du travail qui donne plus de temps aux familles, au régime d’assurance parentale, à La Presse, il y a de nombreux projets de loi, La Pocatière, Bombardier, alors ça, c’est pour tout le monde au Québec», a-t-il illustré.

Le scénario — «probable», selon M. Couillard — de la fermeture de l’Assemblée nationale jeudi après-midi et vendredi pour des raisons de sécurité doit être confirmé mardi, au terme d’une rencontre entre le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, et des agents de la Sûreté du Québec (SQ). 

En marge du sommet du G7, qui se tient à La Malbaie les vendredi 8 et samedi 9 juin, et des manifestations prévues à Québec à compter du jeudi 7, le Bureau de l’Assemblée nationale (BAN) a tenu plusieurs rencontres avec la SQ au cours des dernières semaines, en vue d’évaluer le risque pour la sécurité des élus si le parlement continuait à fonctionner comme si de rien n’était. On craint des débordements autour de la colline parlementaire, en raison de la présence éventuelle de casseurs.

On s’attend à ce qu’au moins un millier de policiers soient déployés dans la capitale pour l’occasion.

Mardi, la SQ rendra compte de sa plus récente évaluation du risque et formulera une recommandation aux parlementaires sur les mesures de sécurité à prendre à très court terme.

Le BAN suivra les recommandations des forces de l’ordre et, en cas de fermeture annoncée, mettra en oeuvre aussitôt son plan B, déjà prêt et que certains députés tiennent déjà pour acquis.

Ainsi, si le parlement est fermé jeudi et vendredi, les députés seront appelés à siéger exceptionnellement le lundi 11 et tôt le mardi matin, pour reprendre le temps perdu. La présente session se termine le 15 juin, ce qui laisse bien peu de marge de manoeuvre aux parlementaires.

Il n’est pas non plus exclu que des fonctionnaires postés dans les édifices gouvernementaux de la colline parlementaire puissent eux aussi prendre congé vendredi.

«On va veiller à la sécurité des gens, a affirmé M. Couillard. Je demeure encore quand même quelqu’un qui espère que ça va se passer correctement.»

«Oui à la manifestation, à l’expression des opinions. Non à l’illégalité, non à la violence, non à l’intimidation, non au frein au droit de parole également. Ça, je pense qu’on va le rappeler. On verra comment les gens se comporteront», a-t-il dit.