Géorgie: Pence vient calmer les esprits avant la visite de Trump

ATLANTA — Le vice-président Mike Pence tente d’aider les républicains à projeter un front uni en vue des élections sénatoriales en Géorgie, où il était de passage vendredi un jour avant la visite potentiellement explosive du président Donald Trump.

Le vice-président Pence faisait campagne avec les sénateurs David Perdue et Kelly Loeffler, qui font face en janvier à un deuxième tour de scrutin déterminant pour le contrôle du Sénat.

Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite et il a accusé les autorités républicaines en Géorgie, dont le gouverneur et le secrétaire d’État, d’avoir permis une fraude électorale généralisée au nom du président désigné Joe Biden.

M. Pence a dû composer avec le refus de concéder du président lorsqu’il a fait campagne il y a deux semaines avec M. Perdue et Mme Loeffler. Lors de deux rassemblements en Géorgie, il a promis de se battre «pour chaque vote légal», mais il a passé plus de temps à souligner l’importance de ces élections pour le contrôle du Sénat.

Mais cette fois-ci, le vice-président arrive dans un contexte où certains partisans du président appellent les républicains à boycotter les élections du 5 janvier.

Sa visite a lieu le même jour qu’un événement virtuel des démocrates mettant en vedette l’ancien président Barack Obama, qui donnera son appui aux candidats démocrates Jon Ossoff et Raphael Warnock — une démonstration d’unité que les républicains ont de la difficulté à égaler alors que Donald Trump a notamment qualifié le secrétaire d’État républicain Brad Raffensperger «d’ennemi du peuple».

M. Perdue et Mme Loeffler ont tenté d’esquiver ces divisions. Ils ont demandé la démission de M. Raffensperger, mais ils concentrent leurs arguments sur le contrôle du Sénat, plutôt que de remettre en doute le résultat du premier tour. Mais les républicains de Washington et de la Géorgie ont néanmoins exprimé leurs inquiétudes sur le fait que M. Trump répétera probablement ces attaques, samedi, au lieu de stimuler l’enthousiasme des troupes en vue du second tour.

«Ils sont extrêmement conscients des derniers commentaires et des derniers micromessages de Trump et de l’impact négatif que cela pourrait avoir», a indiqué le donateur républicain Dan Eberhart, à propos des conseillers des sénateurs.

«Et ces gens vont se coucher tous les soirs en espérant qu’il n’y aura pas de micromessage de Trump pendant qu’ils dorment.»

L’attachée de presse de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, a rejeté ces préoccupations, bien qu’elle ait certainement reconnu que le président Trump pourrait garantir le succès ou l’échec des républicains.

 «La présence du président en Géorgie poussera les sénateurs Loeffler et Perdue au-delà de la ligne d’arrivée», a-t-elle déclaré vendredi, notant que les républicains ont profité de leur propre participation cet automne pour réduire la majorité des démocrates à la Chambre et défendre les sièges républicains au Sénat considérés comme vulnérables.

Les républicains ont besoin d’un siège de plus pour reprendre leur majorité au Sénat, qui pourrait contrer la présidence Biden. Les démocrates ont besoin d’un balayage pour arriver à un Sénat également divisé, dans lequel la vice-présidente désignée Kamala Harris aurait le vote décisif.

Donald Trump a donné son appui à M. Perdue et Mme Loeffler, mais il a dépensé plus d’énergie à s’attaquer à MM. Kemp et Raffensperger et à suggérer, à tort, que les deux responsables ont le pouvoir d’annuler la victoire de Joe Biden en Géorgie. La loi de l’État ne leur donne pas une telle option. Les premiers résultats donnaient à Joe Biden une avance de 14 000 voix sur environ 5 millions de votes. Un premier recomptage manuel a réduit la marge de M. Biden à environ 12 500 votes. Lorsque Mike Pence arrivait dans l’État, vendredi, les responsables géorgiens en étaient aux dernières étapes d’un troisième décompte demandé par la campagne Trump.

M. Perdue et Mme Loeffler ont accueilli le vice-président Pence ensemble, vendredi matin, à la base aérienne de Dobbins, au nord d’Atlanta, avant un événement prévu aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, où ils ont discuté de la pandémie de COVID-19 et du développement des vaccins. Un rassemblement est prévu en après-midi à Savannah.

Brian Kemp, un partisan de Donald Trump et à une époque un allié fidèle, ne faisait pas partie de l’itinéraire public de Mike Pence. Mais séparément, le gouverneur a rappelé vendredi qu’il avait nommé Mme Loeffler il y a de cela un an pour remplacer le sénateur à la retraite Johnny Isakson.

«Je suis fier de ce que Kelly a accompli, mais il y a encore beaucoup de travail à faire, a-t-il affirmé sur sa page Facebook. Unissons les conservateurs de la Géorgie et renvoyons Kelly Loeffler et David Perdue à Washington.»

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