Gertrude Bourdon tentera de conserver Jean-Talon dans le giron libéral

QUÉBEC — Gertrude Bourdon croit être la bonne personne pour conserver la circonscription de Jean-Talon dans le giron libéral, le 2 décembre.

Candidate défaite dans Jean-Lesage en octobre 2018, Mme Bourdon est devenue mardi officiellement la candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Jean-Talon, une circonscription acquise aux libéraux depuis plus d’un demi-siècle.

Mais cette fois, la Coalition avenir Québec (CAQ) semble être en meilleure position que jamais pour s’emparer de Jean-Talon, alors que le gouvernement Legault atteint des sommets de popularité et que la CAQ a déjà conquis la plupart des circonscriptions de la capitale.

En conférence de presse, entourée du chef intérimaire du parti, Pierre Arcand, et de la plupart des députés libéraux de l’Assemblée nationale, Mme Bourdon a dit qu’elle voulait conquérir le coeur des électeurs de Jean-Talon, qui habitent les quartiers de Sillery et Sainte-Foy, à l’ouest du centre-ville de Québec.

«Gertrude Bourdon, c’est une battante», a commenté M. Arcand, qui a souligné son courage de se porter candidate une seconde fois, après une première expérience douloureuse.

La candidate, une gestionnaire estimée, ancienne directrice générale du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU), avait connu l’an dernier une entrée en politique difficile et remarquée, avouant avoir hésité entre une candidature pour le PLQ et pour la CAQ, avant d’opter finalement pour le premier. Mais sa valse-hésitation s’est transformée en réputation de «magasiner» son parti, si bien que la candidate vedette avait terminé troisième dans Jean-Lesage. 

«Mon entrée en politique a été mouvementée», a reconnu la candidate, mardi, disant avoir tiré des leçons de sa défaite de l’an dernier.

Si elle tente sa chance une seconde fois, c’est qu’elle vit une passion pour la politique et souhaite surtout «aider les gens». 

Son défi: «gagner le coeur des citoyens de Jean-Talon», a dit Mme Bourdon, qui est infirmière de formation et se dit déterminée à montrer aux électeurs sa «vraie» personne.

Si le Parti libéral du Québec (PLQ) perd Jean-Talon lors de cette élection complémentaire du 2 décembre, il n’aura plus aucun député en dehors de l’Outaouais et de la région de Montréal. Aussi bien dire que le vote francophone et le vote des régions l’auront pratiquement déserté.

Le vote par anticipation se tiendra le même week-end que le prochain conseil général du PLQ, à Sherbrooke, les 23 et 24 novembre, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les libéraux, qui lanceront alors officiellement leur course au leadership.

«On va tout faire, bien sûr, pour gagner Jean-Talon», a promis M. Arcand, dont l’équipe de députés sera présente sur le terrain comme jamais au cours des prochaines semaines.

Le 2 décembre, les électeurs de cette circonscription de Québec, qui sont plus instruits et plus âgés que la moyenne régionale, devront choisir celui ou celle qui succédera à Sébastien Proulx, qui a tiré sa révérence en août dernier.

Circonscription de prestige pour les libéraux, Jean-Talon a toujours été représentée par de grandes pointures, appelées à jouer un rôle-clé au conseil des ministres, les Philippe Couillard, Yves Bolduc, Gil Rémillard et Raymond Garneau, notamment.

Comme en 2018, la CAQ a choisi Joëlle Boutin pour la représenter dans Jean-Talon, où elle avait fait bonne figure, se classant deuxième.

Le PLQ, en baisse marquée par rapport aux résultats précédents, avait recueilli alors 32 pour cent du vote, tandis que la CAQ se faisait déjà menaçante avec 28 pour cent d’appui.

Québec solidaire choisira son candidat mercredi soir. Quatre candidats potentiels s’affrontent. L’un d’eux, Frédéric Poitras, un conseiller politique du maire de Québec, Régis Labeaume, a déjà reçu l’appui formel de la co-porte-parole du parti, Manon Massé, un geste qui a fait grincer des dents d’autres candidats.

Le Parti québécois (PQ), qui n’a pas l’habitude de faire bonne figure dans Jean-Talon, présentera un enseignant à la retraite, Sylvain Barrette, soit le même candidat que l’an dernier lors de la générale, alors qu’il n’avait récolté que 14 pour cent du vote. Il a été officiellement désigné candidat lundi soir.

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