Granby: les parents de la fillette de 7 ans sont cités à procès

GRANBY, Qc — Deux très longs procès s’annoncent en marge du décès de la fillette de 7 ans de Granby, au printemps dernier.

Le père de la fillette et la belle-mère ont tous deux renoncé à leur enquête préliminaire lundi et ont été cités à procès.

«Les deux parties reconnaissent que la preuve actuellement est suffisante pour tenir un procès. Donc il y a assez de preuve qui serait susceptible de convaincre les membres d’un jury de la culpabilité de ces personnes-là», a expliqué le procureur de la Couronne, Me Claude Robitaille.

Selon lui, le ministère public n’avait aucune raison de demander à tout prix une enquête préliminaire, bien au contraire. «On souhaite que ce dossier-là roule bon train. On écourte les délais de beaucoup», a-t-il plaidé.

Me Robitaille dit prévoir six semaines de procès pour présenter la preuve dans chacun des procès, et ce, sans compter l’ajout possible de témoins en défense.

Témoigner l’un contre l’autre?

«On a quand même plusieurs témoins. Ce sera à évaluer. C’est sûr qu’il va y avoir un travail qui va se faire en amont à savoir s’il y a des admissions ou des choses du genre, mais pour l’instant quand on regarde l’ensemble de la preuve, on regarde à peu près à 30 jours d’audition», a-t-il expliqué.

La plupart de ces témoins seront donc appelés à la barre deux fois et la Couronne n’écarte pas du tout l’idée de faire témoigner les suspects l’un contre l’autre: «C’est toujours une possibilité; ce sera à vérifier.»

Tout indique que l’on devra choisir 24 jurés puisque c’est l’option réservée par les deux accusés et la Couronne s’est montrée confiante de trouver des citoyens impartiaux malgré l’abondante couverture médiatique de cette triste affaire.

«Il y a eu beaucoup d’autres dossiers dans le passé à travers la province qui ont été excessivement médiatisés. Ça ne nous a pas empêchés pour autant de trouver des jurés. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent dans ce cas-ci», a confié Me Robitaille.

Salle débordante

L’homme de 30 ans et la femme de 36 ans, qui ne peuvent être identifiés en raison d’une ordonnance de non-publication, ont ainsi brièvement comparu lundi dans une minuscule salle remplie au-delà de sa capacité. Quelques représentants des médias ont même dû assister à l’audience debout.

La dame, détenue depuis son arrestation, est accusée du meurtre sans préméditation de l’enfant et séquestration. Contrairement à ses apparitions précédentes, l’accusée toute de noir vêtue n’a pas cherché à cacher son visage avec son épaisse chevelure.

Le père, lui, fait face à des accusations de négligence ayant causé la mort, d’abandon d’enfant et d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à la vie. Il a obtenu une remise en liberté conditionnelle le 5 septembre dernier et se trouvait également sur place.

L’enfant est décédée le 30 avril dernier, au lendemain de sa découverte dans des circonstances extrêmement troublantes au domicile familial. L’affaire a soulevé l’indignation et a mené le gouvernement Legault à mettre sur pied une commission d’enquête pour se pencher sur l’ensemble du système de protection de la jeunesse.

La suite des procédures a été fixée pour la forme au 30 mars prochain.

Plusieurs ordonnances ont été émises afin d’empêcher d’identifier les victimes et témoins et de dévoiler les éléments de preuve au dossier.

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