Grenouilles en péril: une amende de 40 000 $ pour deux entreprises québécoises

Deux entreprises forestières du Québec ont appris qu’il peut leur coûter cher de détruire l’habitat d’espèces de grenouilles en péril: un juge les a condamnées à une amende totale de 40 000 $, selon Environnement et Changement climatique Canada.

Débroussaillage Québec et Forestière des Amériques inc. ont été condamnées à la mi-octobre à payer 20 000 $ chacune pour avoir violé un décret visant la protection de la rainette faux-grillon de l’Ouest, une espèce qui pourrait disparaître des banlieues du sud-ouest du Québec d’ici 2030.

Les deux entreprises ont plaidé coupable d’avoir exercé une activité interdite à La Prairie, sur la Rive-Sud, soit de tailler de la végétation, notamment des arbres, des arbustes et des arbrisseaux dans une région interdite.

Les travaux ont été effectués sous des lignes électriques à haute tension au mois d’avril 2018 par des employés de Forestière des Amériques à la demande de Débroussaillage Québec.

De tels travaux de coupe de végétation dans la zone sensible nécessitent un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Or, aucune des entreprises ne le détenait, selon Environnement et Changement climatique Canada.

«La Loi interdit de tuer ou de nuire à une espèce sauvage inscrite comme espèce menacée ainsi que d’endommager ou de détruire l’habitat de ces espèces, insiste le ministère fédéral dans un communiqué. Le Décret d’urgence interdit d’enlever, de tailler, d’endommager ou de détruire toute végétation, notamment les arbres, les arbustes ou les plantes.»

Au Canada, la rainette faux-grillon de l’Ouest est présente dans deux régions du pays. La population se trouvant dans le sud de l’Ontario n’est pas menacée, mais celle des Grands Lacs, du Saint-Laurent et du Bouclier canadien est inscrite à titre d’espèce menacée depuis 2010.

Cette espèce a connu de «forts déclins» au Québec et en Ontario, principalement en raison de la dégradation et de la perte d’habitat, indique le ministère fédéral. En Montérégie, «l’aire de répartition historique de l’espèce» était 90 % plus petite selon une étude de 2009 qui dressait une comparaison avec la situation qui prévalait en 1993.

– Texte de l’Initiative de journalisme local

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