Greta Thunberg est montée sur le glacier Athabasca, en Alberta

JASPER, Alb. — La militante Greta Thunberg a affronté cette semaine un blizzard pour monter sur un glacier enneigé du parc national Jasper, afin d’en apprendre davantage sur la science du climat.

L’adolescente suédoise a remercié sur Twitter le scientifique John Pomeroy, de l’Université de la Saskatchewan, et l’écologiste de Parcs Canada Brenda Shepherd de l’avoir sensibilisée «aux effets de la crise climatique et écologique sur le magnifique parc national Jasper», en Alberta.

Elle a rencontré Mme Shepherd lundi pour visiter une forêt de pins à écorce blanche et discuter de la lutte contre les insectes et les maladies. Le professeur Pomeroy a déclaré de son côté que son équipe de Canmore, en Alberta, avait été invitée à parler des glaciers avec la militante de 16 ans et son père, Svante Thunberg. Ils ont passé environ six heures mardi sur le glacier Athabasca, dans le champ de glace Columbia.

«Elle a été très courageuse de monter sur un glacier enneigé lors d’une tempête de neige en octobre, a déclaré M. Pomeroy en entrevue jeudi. Elle n’est visiblement pas peureuse pour une adolescente.» Le scientifique lui a raconté comment le glacier avait «reculé» de deux kilomètres depuis la fin du XIXe siècle — et perdu plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur au cours des dernières décennies.

«Cette année seulement, nous avons perdu six mètres de glace en profondeur, une fonte record», même si l’été n’a pas été particulièrement chaud, a-t-il déclaré. «À cause des cendres et de la suie qui se sont déposées sur le glacier les années précédentes, des algues poussent, ce qui lie les cendres et la suie à la glace et assombrit le glacier», a expliqué le professeur Pomeroy. «Le glacier absorbe alors beaucoup plus de rayonnement solaire.»

Greta Thunberg a transformé sa lutte en Suède contre le changement climatique en mouvement mondial: on l’a vue parler dans le blanc des yeux aux dirigeants du monde, les sommant de faire quelque chose, avant qu’il ne soit trop tard, pour éviter la catastrophe. Elle a également inspiré un peu partout dans le monde les «Vendredi pour l’avenir», des manifestations hebdomadaires visant à souligner la nécessité d’une action urgente.

Elle se rendra à Vancouver pour prendre part vendredi à ce que les organisateurs appellent le «rassemblement climatique postélectoral». La jeune militante avait participé il y a un mois à la grande manifestation de Montréal, puis vendredi dernier à un rassemblement à Edmonton, en plein «territoire pétrolier».

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