Grève à la SQDC: les négociations au point mort avec le SCFP

MONTRÉAL — Les négociations sont au point mort entre la Société québécoise du cannabis et le SCFP, qui représente le plus grand nombre de travailleurs dans les succursales au Québec et dont plusieurs sont touchées par une grève illimitée.

Si les syndicats rattachés à la CSN ont accepté un règlement, il en est autrement de ceux du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affilié à la FTQ.

Vingt-deux succursales où le SCFP représente les travailleurs de la Société québécoise du cannabis sont touchées par une grève illimitée depuis le 20 mai; d’autres ont un mandat de moyens de pression, mais pas de grève. Le SCFP représente les travailleurs dans 27 succursales maintenant.

En entrevue mercredi, le président de la section locale du SCFP, David Clément, a dit avoir proposé une «offre de règlement» en conciliation, la semaine dernière, et attend depuis une réponse de la part de la direction. Mais «c’est le silence radio», selon lui.

Le litige porte particulièrement sur les salaires.

Il soutient qu’à l’heure actuelle, le salaire à l’embauche à la SQDC est de 17,12 $, ce qu’il juge insuffisant pour une société d’État. Il affirme que la dernière offre de l’employeur porterait ce salaire à 17,46 $. Et ses membres n’ont pas l’intention d’accepter un salaire d’embauche inférieur à 20 $ l’heure, rapporte-t-il.  

Et ses membres ne sont pas prêts à accepter ce que les membres de la CSN ont accepté, rapporte-t-il. Ces derniers ont entériné à la fin de juin l’entente de principe qui était intervenue avec la SQDC, mais la CSN n’a pas voulu révéler le pourcentage d’appuis. Elle a des membres dans une quinzaine de succursales.

«La SQDC ne nous a pas fait cette offre-là; la SQDC nous a présenté l’entente qu’elle a eue avec la CSN sur le côté salarial. Effectivement, pour notre comité de négo, notre conseil exécutif, ce n’est pas une entente ou une offre qui serait intéressante, parce qu’elle nous maintiendrait somme toute, pendant les quatre prochaines années, avec des salaires qui sont dérisoires pour une société d’État et pour la job qu’on fait», a expliqué M. Clément.

«On a même mis l’employeur au défi de nous déposer une offre hostile qu’on serait obligé de présenter à nos membres. Nous, nécessairement, on a une structure démocratique, on consulte nos instances. Et ce n’était pas des blagues, ce n’était pas du théâtre quand nos assemblées générales nous disaient qu’on n’accepterait aucun salaire d’entrée en bas de 20 piastres de l’heure en 2022», a lancé M. Clément.

Du côté de la direction de la SQDC, on a préféré rester discret sur la teneur des négociations avec le SCFP.  «Par respect pour le processus qui suit son cours avec le médiateur désigné par le ministère du Travail, nous ne négocierons pas sur la place publique et conserverons la nature confidentielle des discussions à la table prévue à cet effet», a-t-elle fait savoir.

La direction reste optimiste: «notre objectif est toujours d’en arriver à une entente négociée à la satisfaction des parties concernées».

Fermetures et heures d’ouverture

La direction confirme que certaines succursales qui sont présentement exploitées par des cadres, à cause de la grève, seront momentanément touchées par des fermetures, le temps des vacances de ces cadres.

«Comme notre mission est de migrer les consommateurs vers le marché légal du cannabis et de les y maintenir, nous désirons poursuivre, tant que possible, les opérations dans les succursales touchées par la grève. Pendant cette période, les 22 succursales concernées (par la grève) auront des horaires modifiés, afin de donner un peu de répit aux gestionnaires qui assurent le service aux clients. Pour ces points de vente, l’horaire est de midi à 17 h du mardi au samedi. Elles seront fermées les dimanches et lundis.»

«Toujours dans le but de permettre un temps de repos aux gestionnaires, les points de vente suivants seront prochainement fermés», a précisé la direction: Les Saules à Québec, fermée du 3 au 18 juillet inclusivement; Drummondville, fermée du 3 au 11 juillet inclusivement; Métro Snowdon à Montréal, fermée du 3 au 11 juillet inclusivement; et Président-Kennedy  à Lévis, fermée pour une durée indéterminée. 

Les 67 autres succursales du réseau demeurent ouvertes selon l’horaire normal: de 10 h à 21 h du lundi au vendredi et de 10 h à 17 h samedi et dimanche, a fait savoir la SQDC. 

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