Grève de 3 ans chez Delastek: problèmes avec le protocole de retour au travail

MONTRÉAL — La grève qui dure depuis près de trois ans chez Delastek, un sous-traitant de Bombardier, et que l’on croyait presque terminée, se bute finalement au protocole de retour au travail.

L’usine Delastek, à Grand-Mère, fabrique des pièces en sous-traitance pour des entreprises de l’aéronautique comme Bombardier. Une grève y a été déclenchée le 1er avril 2015, il y aura bientôt trois ans.

«Les deux tiers des gens étaient en bas de 15 $ (l’heure). On parle de salaires à 10 $ et quelques, quand la grève a été déclenchée. Avant d’avoir 15 $ de l’heure, ça prend quasiment 10 ans», a relaté au cours d’une entrevue, mardi, Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, l’un des grands syndicats affiliés à la FTQ qui représente ces employés.

M. Gagné a indiqué qu’en décembre dernier, les deux parties s’étaient finalement entendues sur le recours à un arbitre pour trancher le différend. Cela avait enfin suscité de l’espoir pour envisager la fin du long conflit de travail.

Pourtant, le conflit n’a pu prendre fin encore, à cause des différences de vues quant au protocole de retour au travail, explique M. Gagné.

Entre autres, selon le syndicat, l’employeur ne voudrait rappeler au travail que 18 des 38 employés qui restent, et sans égard à leur ancienneté, alors que le syndicat souhaite le retour d’au moins 26 d’entre eux, en trois vagues.

De même, le syndicat conteste devant le tribunal le congédiement de 22 travailleurs.

Lundi soir, les membres de la section locale 1209 du syndicat Unifor ont appuyé le plan de retour au travail proposé par le syndicat dans une proportion de 94 pour cent, rejetant du même souffle dans une proportion de 97 pour cent la dernière offre patronale.

La Presse canadienne a laissé un message au président de Delastek, Claude Lessard, pour obtenir sa version des faits. Il n’a pas rappelé.

«Une chose est certaine: si M. Lessard accepte la proposition (du syndicat), qui n’est pas très loin de la sienne, et bien le conflit est réglé et on s’en va devant un arbitre. Puis les gens rentrent au travail. Donc la balle est dans son camp», a conclu M. Gagné.

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