Grève des ingénieurs: 58 % des entrepreneurs ont l’intention de faire une réclamation

MONTRÉAL — Quelque 90 % des entrepreneurs du secteur du génie civil et de la voirie rapportent que la grève des ingénieurs du gouvernement a des répercussions sur leurs chantiers.

Et 58 % envisagent déjà de réclamer un dédommagement au gouvernement à cause des retards subis, indique l’Association des constructeurs de routes et grands travaux, qui vient de consulter ses membres entrepreneurs à ce sujet.

Bien que les 1800 ingénieurs de l’État soient de retour au travail depuis le 1er juin, ils menacent de déclencher de nouveau la grève la semaine prochaine.

En faisant des extrapolations à partir de ce que ses membres lui ont rapporté, l’association des constructeurs de routes estime que les réclamations pourraient atteindre de 6 à 10 millions $ par jour.

En entrevue mercredi, la directrice générale de l’ACRGTQ, Gisèle Bourque, s’est dite inquiète des répercussions de ce conflit de travail qui perdure.

«Les entrepreneurs sont pris en otage, le réseau routier, la santé du réseau routier est prise en otage et, en bout de piste, les contribuables sont pris en otage. Alors il y a plusieurs parties qui vont en subir les conséquences, à court, à moyen et à long termes.»

Elle affirme que les contrats avec les entrepreneurs prévoient déjà de telles clauses d’indemnisation, puisque «ça ne dépend aucunement de la volonté des entrepreneurs».

Même si les ingénieurs sont de retour au travail depuis le 1er juin, la situation n’est pas revenue pleinement à la normale dans les chantiers, rapporte-t-elle. Et ils menacent de débrayer de nouveau la semaine prochaine. 

«La mobilisation et la démobilisation des travailleurs» prennent un certain temps et cela crée de l’incertitude, fait-elle valoir.

D’abord, certains ouvriers de la construction, faute de travail, risquent de quitter leur entrepreneur qui a un contrat avec le ministère des Transports pour aller travailler pour un autre entrepreneur qui réalise des contrats pour une municipalité, illustre-t-elle.

Ensuite, «ça coûte très cher tout ça; s’ils savent que ce n’est que pour quelques jours, c’est faux de croire que les chantiers, même s’ils ne sont plus en grève, que les chantiers continuent».

«La saison est déjà fortement, fortement compromise. Et on sait que la saison ici des travaux de génie civil est très courte. Ça se termine en novembre et ça commence en mai», a conclu Mme Bourque.

Les réponses à la consultation proviennent de 88 entreprises qui ont répondu au questionnaire de l’ACRGTQ, sur un potentiel de 400 entreprises qui ont des chantiers dans ce domaine.

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