Grève d’un jour de 60 000 employés des écoles secondaires publiques en Ontario

TORONTO — Quelque 60 000 enseignants et employés de soutien des écoles secondaires publiques de l’Ontario ont déclenché une grève d’une journée, mercredi, pour protester contre la lenteur des négociations entre leur syndicat et le gouvernement du premier ministre Doug Ford.

Des centaines de milliers d’élèves du secondaire ont donc eu congé mercredi. Dans certains conseils scolaires où le syndicat représente à la fois des enseignants et des travailleurs de l’éducation, les écoles secondaires, mais aussi primaires devaient fermer leurs portes mercredi.

C’est notamment le cas à Ottawa, où le conseil des écoles publiques a déclaré que l’annulation s’appliquait également aux cours du soir, aux programmes d’enseignement coopératif et à l’enseignement à domicile, ainsi qu’aux programmes de jour. Le conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton a toutefois été critiqué pour avoir alerté les familles par des appels téléphoniques automatisés peu après l’annonce de la grève à minuit. Le conseil s’est excusé pour cette perturbation causée au début de la nuit.

La Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario a déclaré que le gouvernement n’avait présenté aucune proposition constructive au cours du processus de négociation. Des centaines de travailleurs ont manifesté devant le siège du conseil scolaire du district de Toronto mercredi matin, brandissant des pancartes pour demander l’annulation des réductions budgétaires. Les enseignants des écoles secondaires publiques de l’Ontario sont sans contrat de travail depuis août.

Mardi soir, le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a demandé au syndicat de renoncer à la grève, affirmant que son équipe de négociation avait présenté un nouveau «cadre» au syndicat afin de maintenir toutes les parties à la table. Mais le président du syndicat, Harvey Bischof, a déclaré que le médiateur au dossier n’avait rien apporté de neuf aux enseignants et qu’aucun progrès n’avait été accompli depuis des jours.

Les enseignants, qui menaient déjà une grève du zèle, s’opposent au projet du gouvernement Ford d’augmenter la taille des classes et de mettre en place une formation obligatoire en ligne. «Nous sympathisons tout à fait avec les élèves et les parents confrontés à la perturbation et à l’anxiété, mais une seule journée de grève est loin de provoquer les perturbations que le gouvernement causera au système d’éducation s’il est autorisé à aller de l’avant avec ces propositions destructrices», affirme M. Bischof.

Le ministre Lecce a soutenu que le principal problème dans les discussions était la rémunération, le gouvernement ayant récemment adopté une loi visant à limiter les augmentations de salaire annuelles de tous les travailleurs du secteur public à 1,0 pour cent pendant trois ans. Le syndicat demande des augmentations de salaire indexées à l’inflation — qui s’élèveraient donc à environ 2,0 pour cent. Mais M. Bischof a qualifié de «scandaleuse» l’affirmation selon laquelle le salaire constituait l’enjeu principal de cette négociation.

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