Grève illimitée le 21 juin dans une trentaine de résidences privées pour aînés

MONTRÉAL – Une trentaine de résidences privées pour personnes âgées seront vraisemblablement touchées par une grève illimitée à compter de mardi prochain, et ce, dans plusieurs régions du Québec, a appris La Presse Canadienne.

La grève sera déclenchée par près de 3000 travailleurs, surtout des femmes, dans 30 à 38 de ces résidences privées, selon le déroulement de la négociation d’ici là.

Quelque 45 établissements avaient déjà été touchés par une grève d’une journée, le 11 mai dernier, suivie d’une grève de deux journées, les 30 et 31 mai.

Cette fois, la section locale 298 du Syndicat québécois des employés de service, affilié à la FTQ, a décidé d’avoir recours à une grève à durée illimitée à compter du 21 juin, dans le but d’accroître la pression sur les employeurs.

Comme les négociations se poursuivent toujours, à l’heure actuelle, avec plusieurs employeurs, le syndicat espère que la menace d’une grève accélérera le règlement des dossiers.

«Il y a encore des blocages importants» avec plusieurs employeurs privés, a justifié au cours d’une entrevue Richard Belhumeur, président de la section locale 298 du syndicat. Il espère néanmoins ne pas avoir à en venir à la grève illimitée.

«Il y a des rencontres de négociation prévues dans les prochains jours. On souhaite le maximum d’ententes de principe possible. Malheureusement, s’il n’y a pas de déblocage significatif, le 21, effectivement, il y a des résidences privées pour personnes âgées, où nos membres sont présents, qui vont effectuer une grève illimitée», a prévenu M. Belhumeur.

La principale revendication des syndiqués est d’obtenir un salaire de 15 $ l’heure. Les préposés aux bénéficiaires touchent présentement une rémunération de 12,50 $ l’heure.

Comme il s’agit de soins aux personnes, les dispositions sur les services essentiels prévues au Code du travail s’appliqueront, même s’il s’agit de résidences privées.

Les services qui ne seraient pas fournis seraient, par exemple, la literie qui ne serait pas changée si elle n’est pas souillée, le plancher qui ne serait pas lavé s’il n’est pas souillé ou la cuisine qui serait équipée de vaisselle jetable.

Cette grève «ne met d’aucune façon en danger la santé et la sécurité des personnes âgées», insiste M. Belhumeur.

Les syndiqués débraieront durant environ 40 à 45 minutes par jour, soit l’équivalent de 10 pour cent de leurs heures de travail, puisque les services essentiels doivent être assurés à 90 pour cent.

M. Belhumeur se dit conscient que la grève «crée un inconvénient», mais rappelle que ces travailleuses «sont en conflit de travail», ont des «droits reconnus et bien encadrés par la loi», «négocient de bonne foi» et cherchent à améliorer leurs conditions de travail.