Groupe Capitales Médias: Legault est ouvert à une aide ponctuelle

QUÉBEC — Le gouvernement Legault ouvre la porte à une aide d’urgence au Groupe Capitales Médias (GCM), propriétaire notamment du journal «Le Soleil» à Québec et de plusieurs quotidiens régionaux.

À quelques semaines d’une commission parlementaire sur l’avenir des médias d’information, le groupe médiatique est à court de liquidités.

La Presse canadienne a obtenu mercredi en fin de journée une note interne signée par le grand patron du groupe, Martin Cauchon. «(…) La direction de GCM est forcée depuis un moment d’assurer une gestion serrée de sa trésorerie», écrit-il aux employés sans élaborer plus précisément.

Il soutient toutefois qu’il veut assurer le maintien des activités et dit être «personnellement confiant en l’avenir». Une porte-parole de la direction a fait savoir que M. Cauchon refusait les demandes d’entrevue.

Déjà en avril dernier, le groupe avait tiré la sonnette d’alarme. GCM avait pourtant obtenu une aide financière de 10 millions $ de l’ancien gouvernement Couillard, ce qui avait provoqué une controverse.

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, s’est montrée réfractaire à un soutien rapide de l’État, mais son patron François Legault a corrigé le tir, tandis que son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a renchéri en évoquant une «aide temporaire».

«Garrocher de l’argent»

En mêlée de presse en matinée avant de se rendre au conseil des ministres, Mme Roy a affirmé qu’il n’était «pas question de garrocher de l’argent de façon catastrophique en urgence pour sauver un média».

«Des médias ont des urgences plus importantes que d’autres», a plutôt fait valoir Pierre Fitzgibbon dans une entrevue avec La Presse canadienne en après-midi.

Il a rappelé que le gouvernement veut mettre sur pied un programme permanent d’aide à l’ensemble des médias d’ici à septembre ou octobre, mais entre-temps, «nous avons les moyens de faire des interventions temporaires pour aider des entreprises qui ont des difficultés», a-t-il laissé entendre.

Le ministère de l’Économie et de l’Innovation «peut faire un pont pour permettre aux sociétés d’avoir accès à des ressources financières avant que le programme permanent soit applicable», a expliqué le ministre.

«Faire un chèque»

Dans l’intervalle, si un média est pratiquement acculé à la fermeture, le gouvernement pourrait également se pencher sur la situation pour qu’on envisage par exemple l’intervention d’un repreneur.

Le premier ministre François Legault a dit avoir eu des discussions avec la direction du groupe. C’est un dossier qu’il «suit personnellement» avec M. Fitzgibbon, a-t-il ajouté, sans faire mention de sa collègue Nathalie Roy.

«Je m’attends à ce que le gouvernement ait besoin de faire un chèque. (…) On va prendre le temps de le faire comme il faut, mais il semble peut-être effectivement y avoir une situation plus urgente avec Groupe Capitales Médias», a dit M. Legault.

Le président du syndicat des journalistes du Soleil, Jean-François Néron, a dit être encouragé par les signaux transmis par le gouvernement caquiste. Il a indiqué qu’il n’était pas au courant de la situation financière précise de son entreprise.

Réactions

Les partis d’opposition ont pressé le gouvernement d’agir rapidement pour sauver les médias régionaux et des centaines d’emplois. La députée libérale Christine St-Pierre a rappelé que le gouvernement caquiste avait mis sur pied un comité interministériel sur cet enjeu en avril dernier, sans aucun résultat encore.

«Il y a un ‘traînage’ de pieds là-dedans, a-t-elle fustigé dans une mêlée de presse en matinée aux abords du parlement. Il a y beaucoup de bla bla, de belles phrases, mais ce sont des phrases creuses, je n’ai rien vu de concret.»

Le député péquiste Harold LeBel a renchéri. Les médias écrits sont essentiels à la démocratie et à la vitalité des régions, a-t-il argué, mais la ministre Nathalie Roy n’exerce pas son autorité.

«La ministre n’a pas l’air de savoir où on s’en va. Le gouvernement connaît la situation depuis le mois d’avril et aujourd’hui, elle n’est pas capable d’avoir un discours cohérent.»

Dans un communiqué, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a pour sa part soutenu que ces quotidiens sont «primordiaux pour le fonctionnement de nos institutions» et que le gouvernement «doit tout mettre en oeuvre» pour sauver le Groupe Capitales Médias.

Rappelons que le Groupe Capitales Médias est abonné à l’agence La Presse canadienne.

L’entreprise possède notamment «Le Soleil», «Le Droit» d’Ottawa-Gatineau, «Le Nouvelliste» de Trois-Rivières, «La Tribune» de Sherbrooke, «La Voix de l’Est» de Granby, «Le Quotidien» et «Le Progrès week-end» à Saguenay.

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