Groupe SNC-Lavalin poursuit son ancien président Pierre Duhaime

MONTRÉAL — SNC-Lavalin poursuit son ancien président et chef de la direction dans le cadre du scandale de corruption entourant l’obtention du contrat de 1,3 milliard $ pour construire le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) alors que la firme tente de se distancer de ses ex-dirigeants.

Dans une poursuite, la firme d’ingénierie allègue que Pierre Duhaime a nui à son image en aidant un fonctionnaire à commettre un abus de confiance en lien avec des paiements indus de 22,5 millions $ visant à sécuriser le projet.

M. Duhaime, qui a été aux commandes de la multinationale de 2009 à 2012, purge actuellement une peine d’emprisonnement de 20 mois à domicile après avoir plaidé coupable à une accusation d’abus de confiance le mois dernier.

Cette poursuite a été déposée en Cour supérieure du Québec vendredi dernier, une semaine après la sortie du président et chef de la direction de SNC, Neil Bruce, à l’effet que les «employés innocents (de la compagnie faisaient) figure de rondelle dans un match de hockey politique».

M. Bruce faisait référence aux accusations criminelles qui pèsent sur l’entreprise pour des gestes qui auraient été commis en Libye et qui sont à l’origine d’une tempête politique sur la scène fédérale.

SNC reproche à M. Duhaime d’avoir agi de «mauvaise foi» au moment de conclure un arrangement de départ en ne dévoilant pas l’«acte criminel» qu’il avait posé.

Cette entente prévoyait que la société couvrirait les 1,17 million $ de frais juridiques engagés par M. Duhaime lors de son procès en plus de lui verser 1 million $ au moment de son départ chez SNC. La multinationale veut maintenant récupérer ces montants.

«Si SNC avait été au courant de tels actes criminels, elle (…) n’aurait jamais conclu l’entente du 25 mars», peut-on lire dans la poursuite.

Dans l’ensemble, la firme d’ingénierie demande à M. Duhaime et d’autres accusés dans la poursuite de rembourser les 22,5 millions $ versés en pots-de-vin ainsi qu’un total de 17,5 millions $ en dommages punitifs en raison des torts causés à la réputation de la compagnie.

«Les fautes commises par (…) Pierre Duhaime ont eu pour effet de lier, dans l’opinion publique, SNC aux individus accusés ou condamnés pour des infractions criminelles, entachant ainsi l’excellente réputation dont jouissait (la compagnie) au Québec et ailleurs dans le monde», est-il écrit.

Cette poursuite n’est pas liée aux accusations criminelles de fraude et de corruption qui visent toujours la multinationale québécoise.

Dans cette affaire, l’ex-directeur général adjoint du CUSM, Yanaï Elbaz, a plaidé coupable à une série d’accusations et avait écopé, en décembre dernier, d’une peine d’emprisonnement de 39 mois. L’ex-cadre Riadh Ben Aissa a quant à lui été condamné à passer 51 mois derrière les barreaux.

 

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:SNC)