Grutiers: les parties se réunissent; le syndicat veut plus de formation

MONTRÉAL — C’est jeudi que se rencontreront les acteurs de l’industrie de la construction intéressés au dossier des grutiers, après la publication du rapport sur le règlement qui avait modifié leur formation. Ce règlement avait provoqué une grève illégale des grutiers, en juin dernier.

Deux représentants des entrepreneurs, deux des syndicats, deux de la Commission de la construction du Québec, deux de la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail) rencontreront les deux experts auteurs du rapport sur le règlement sur la formation des grutiers.

À la fin de mars, les auteurs du rapport avaient jugé que le Programme de formation en entreprise, qui avait été dénoncé par les grutiers, était effectivement, «sous sa forme actuelle, insuffisant pour assurer l’apprentissage et l’intégration des notions de base nécessaires à la conduite sécuritaire d’une grue».

Ils avaient donc recommandé d’améliorer la formation de base pour devenir grutier.

En entrevue mercredi, le directeur de l’Union des opérateurs grutiers, Evans Dupuis, a dit juger que le comité avait posé un bon diagnostic, mais que ses recommandations étaient insuffisantes pour corriger les lacunes soulevées.

«Il reconnaît que la situation n’est pas sécuritaire, mais ce qu’il recommande n’est pas plus sécuritaire. Les recommandations ne reflètent pas l’analyse qui a été faite du dossier», s’est insurgé le dirigeant de la section locale 791G, affiliée à la FTQ-Construction.

M. Dupuis est surtout insatisfait de l’ajout de trois semaines de formation avant la formation en entreprise — que les grutiers dénonçaient lors de leur grève. Il persiste à dire que c’est un Diplôme d’études professionnelles (DEP) qui doit mener au métier de grutier.

«Les experts en santé-sécurité, les experts en ingénierie ont démontré au comité que ça prenait une formation adéquate, qui est le DEP, mais ce n’est pas ce qu’on voit dans les recommandations», a-t-il déploré.

La Presse canadienne a sollicité l’avis de l’Association de la construction du Québec, qui est l’une des associations patronales directement concernées, mais celle-ci a préféré garder ses commentaires pour la rencontre entre les parties, jeudi.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, avait déjà souligné en entrevue qu’il voulait tenir cette journée de consultation pour s’assurer de «l’applicabilité et de la mise en oeuvre des recommandations» du rapport du comité d’experts.

Le ministre voulait ainsi s’assurer de l’acceptabilité des recommandations dans le milieu de la construction et éviter ainsi l’incompréhension du règlement et le chaos de juin dernier. Il doit «prendre la décision qui s’impose» par la suite, avait-il indiqué.

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