Guignolée: les comptoirs alimentaires manquent de ressources

MONTRÉAL — À la veille de La grande guignolée des médias, l’organisation sonne l’alarme sur la situation des comptoirs alimentaires, qui pourraient vivre une fois de plus des moments difficiles pendant l’année 2019.

Selon La grande guignolée des médias, un comptoir alimentaire sur deux aura de la difficulté à s’acquitter de ses tâches au cours de la prochaine année.

Dans un communiqué transmis mercredi, la veille du grand événement médiatique de la guignolée pour récolter des dons, l’organisation rappelle que la situation a été particulièrement critique en 2017.

Cette année-là, plus de 45 pour cent des comptoirs alimentaires ont dû donner moins de denrées et 14 pour cent ont fait appel à d’autres organismes pour les aider. Près de 4 pour cent d’entre eux ont dû fermer plus tôt ou ne pas ouvrir pendant certains jours.

Ces difficultés s’expliquent par le fait que les Québécois donnent de plus en plus en argent, et moins en denrées alimentaires. Or, leurs dons en argent ne compensent pas la baisse de nourriture, a expliqué Ann St-Arnaud, porte-parole de Jeunesse au Soleil, l’un des organismes bénéficiaires de la guignolée.

Les gens ont tendance à faire des dons plus modestes lorsque c’est en argent, a-t-elle ajouté.

Mais la demande d’aide alimentaire a aussi augmenté dernièrement. Selon le Bilan-Faim 2017 des Banques alimentaires du Québec, la demande a augmenté de 5 pour cent en 2017.

Les comptoirs alimentaires sont plus fréquentés depuis la récession de 2008 et l’arrivée massive d’immigrants au cours des deux dernières années, a expliqué Mme St-Arnaud.

«Depuis la crise financière de 2008, nous, on a vu le nombre de personnes qui utilisent nos services augmenter de 37 pour cent, donc c’est quand même énorme», a indiqué la porte-parole de Jeunesse au Soleil.

Ann St-Arnaud invite donc les Québécois à faire des dons plus généreux pour contrebalancer la baisse des denrées alimentaires.

«Les banques alimentaires ont besoin plus que jamais d’aide. C’est vraiment une période difficile et on a vraiment besoin de la générosité des gens», a-t-elle résumé.

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Le Bilan-Faim 2017 des Banques alimentaires du Québec, en chiffres:

— 400 000

C’est le nombre de personnes, par mois, qui sont aidées par des banques alimentaires.

— 33,7 pour cent

C’est l’augmentation de la demande d’aide alimentaire depuis 2008.

—  34,1 pour cent

C’est la proportion d’aide destinée à des enfants en 2017.

— 48,7 pour cent

C’est le pourcentage de femmes parmi les utilisateurs du programme de dépannage alimentaire.

— 6 pour cent

C’est l’augmentation de l’aide demandée par des immigrants en 2017. Les immigrants et réfugiés représentaient plus de 26 pour cent des utilisateurs du programme de dépannage alimentaire.

Source: Banques alimentaires du Québec

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