Le député Guy Ouellette réintègre le caucus libéral

QUÉBEC — Le député Guy Ouellette a pu réintégrer le caucus libéral, mardi, même s’il est toujours visé par une enquête policière. Il n’est pas acquis, cependant, qu’il pourra récupérer son poste de président de la Commission des institutions.

«Je suis très heureux de retourner au caucus libéral», a déclaré le principal intéressé au terme d’une rencontre avec la présidente du caucus libéral, Filomena Rotiroti, et la whip du gouvernement, Nicole Ménard.

M. Ouellette en avait fait la demande formelle plus tôt cette semaine dans une lettre au premier ministre Philippe Couillard. Il disait vouloir rentrer au bercail après avoir siégé comme indépendant pendant près d’un mois.

Guy Ouellette s’était lui-même retiré le temps que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) se prononce sur les suites de son arrestation.

L’ex-policier âgé de 65 ans a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) le 25 octobre dernier en lien avec les fuites dans l’enquête Mâchurer qui s’attarde au financement du Parti libéral du Québec (PLQ) à l’époque où il était dirigé par Jean Charest.

Aucune accusation n’a, à ce jour, été portée contre lui.

Dans la lettre qu’il a fait parvenir lundi au premier ministre, M. Ouellette a rappelé sa grande loyauté envers le PLQ et son engagement dans la lutte contre la corruption.

Il a une fois de plus dénoncé son arrestation «injustifiée». 

En mêlée de presse mardi, Guy Ouellette a insisté sur le fait qu’il devait «mener à bien les projets (qu’il) avait déjà débutés, pour continuer à protéger nos institutions».

«La meilleure place pour la recherche de la vérité est au gouvernement», a-t-il dit, affirmant avoir l’appui de l’association libérale de sa circonscription de Chomedey.

Il s’est également dit encouragé par le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, qui jeudi critiquait l’UPAC pour ses méthodes «cavalières» et demandait à ce qu’elle respecte les droits des parlementaires.

M. Chagnon a demandé qu’un protocole soit mis en place afin de pouvoir séparer les documents saisis couverts par le privilège parlementaire de ceux qui ne le sont pas, et donc, d’attendre avant d’analyser le contenu de l’ordinateur, de la tablette et du téléphone portable de Guy Ouellette.

Ce bras de fer pourrait durer plusieurs semaines. «Les processus techniques qui ont été engagés par différents avocats au dossier laissent penser que ça va être très long, et je ne veux pas être la victime de ces longueurs-là», a plaidé M. Ouellette.   

Par ailleurs, des discussions se poursuivent pour savoir s’il pourra redevenir président de la Commission des institutions, laquelle étudie le projet de loi 107, qui vise notamment à élargir le mandat et les pouvoirs de l’UPAC.

M. Ouellette ne croit pas être en conflit d’intérêts, et assure n’avoir «absolument aucune dent» contre l’UPAC. 

«J’ai toujours été très objectif, a-t-il indiqué. J’ai 48 ans de service public, au service de la population. Je vous dirai que je ne pense pas que ça devrait me disqualifier. Les commissions parlementaires sont à la recherche de la vérité et sont le dernier rempart des citoyens du Québec pour s’assurer qu’il y ait une reddition de comptes des organismes publics.»

Le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, s’est montré favorable mardi à ce que M. Ouellette reprenne la présidence de la Commission des institutions.

«Bien sûr, a-t-il dit. Il l’était déjà et il avait déjà notre confiance.»