Gyms: une réouverture attendue, avec beaucoup de conditions, en zone rouge

MONTRÉAL — À l’instar de leurs clients qui n’ont pu s’y présenter pendant près de six mois, les salles d’entraînement situées en zone rouge prennent les bouchées doubles afin de retrouver leur forme d’antan.

S’ils sont confiants de retrouver bon nombre de leurs adeptes lors de leur réouverture, vendredi, en dépit d’une capacité d’accueil limitée, les propriétaires de gyms devront s’astreindre à plusieurs mesures supplémentaires pour respecter les exigences sanitaires fixées par les autorités gouvernementales. 

«Il y a eu beaucoup de travail du côté des ressources humaines parce qu’il a fallu former à nouveau nos employés, en embaucher, repartir la mécanique de nos appareils d’entraînement, gérer les réservations pour l’accès et faire de l’entretien préventif», a expliqué la présidente d’Énergie Cardio, Claire Tremblay, au cours d’un entretien téléphonique. 

La capacité d’accueil des salles d’entraînement sera réduite, ajustée à la superficie de chaque emplacement. En zone rouge, où demeure environ 60 % de la population québécoise, les entraînements sont uniquement permis pour les personnes seules, en duo ou en bulle familiale. 

Jusqu’à présent, l’engouement des adeptes de l’entraînement a été au rendez-vous à Québec, Trois-Rivières et Saguenay, où Énergie Cardio a déjà pu procéder à des réouvertures, a expliqué sa présidente. Mais à compter de vendredi, 26 des 27 établissements du réseau de la chaîne seront ouverts, ce qui constituera un test pour tout ce qui a été mis en branle au cours des dernières semaines. 

Le son de cloche est similaire chez Éconofitness, qui a déjà relancé les activités de 16 de ses établissements et qui doit procéder à 51 réouvertures vendredi. En plus d’un système de réservation pour gérer l’achalandage, la compagnie entend avoir plus d’employés sur le plancher pour s’assurer du respect des mesures. 

«Notre effectif sera environ 15 % supérieur par rapport à avant la pandémie (environ 650 salariés), a relaté au bout du fil le vice-président d’Éconofitness, Renaud Beaudry. Ils seront présents pour vérifier si le port du masque est respecté et que les appareils sont désinfectés après leur utilisation.» 

Ouverts, mais rentable? 

Bien au fait des craintes suscitées par les nouveaux variants et de la possibilité d’une troisième vague d’infections à la COVID-19, les deux entreprises se croisent les doigts et espèrent éviter de nouvelles fermetures forcées. 

Parce que si les activités peuvent reprendre à la grandeur de la province, la rentabilité, elle, ne semble pas pour tout de suite. 

«Au début, ça ne sera pas le cas en raison de la capacité réduite, a répondu la présidente d’Énergie Cardio, lorsqu’interrogée sur l’aspect de la rentabilité. Il y a beaucoup de dépenses supplémentaires pour offrir un service sécuritaire. On se donne une période de 12 mois pour la relance.» 

M. Beaudry a quant à lui indiqué que son entreprise avait allongé 1 million $ en juin dernier pour permettre à ses salles d’entraînement d’accueillir des clients pendant la saison estivale jusqu’à la pause forcée décrétée en septembre dernier. 

S’il n’y a pas de nouvelles fermetures, le vice-président d’Éconofitness croit qu’il faudra environ six mois à l’entreprise pour retrouver son rythme de croisière. Ce n’est qu’après cette période que l’on songera à des projets d’expansion dans des régions comme l’Outaouais, la Mauricie et la Capitale-Nationale, a-t-il expliqué. 

Offre complémentaire

Pour tenter de garder la forme malgré les restrictions sanitaires, bon nombre de personnes se sont tournées vers des options virtuelles d’entraînement. Si les deux entreprises estiment que ces services sont là pour rester, elles y voient surtout une offre «complémentaire». 

«Les gens ont pris des habitudes à la maison, mais l’environnement de la salle d’entraînement est difficile à remplacer, a dit M. Beaudry. La variété de l’équipement qui se trouve dans une salle d’entraînement est bien différente de ce qu’on l’on peut avoir à la maison.» 

Éconofitness a proposé des vidéos d’entraînement gratuites à domicile sur sa chaîne YouTube, dont plusieurs ne nécessitant aucun équipement. Pour les personnes avec des abonnements payants, la chaîne a également offert des programmes spécialisés, allant des entraînements préenregistrés aux cours en direct organisés sur Zoom. 

Énergie Cardio est allée plus loin en offrant des applications permettant d’avoir accès à des cours virtuels, des programmes d’entraînement ainsi que des services de télémédecine. 

«Nous avons réalisé notre plan stratégique de deux ans en quatre mois à cause de la pandémie, a lancé sa présidente. Nous avons déployé trois plateformes en ligne. Nous avons aussi ajouté une plateforme de réservation en quelques mois seulement. 

Mme Tremblay a précisé que cette offre virtuelle demeurerait complémentaire au réseau des salles d’entraînement. Elle a toutefois dit croire que ce segment pourrait finir par représenter jusqu’à 25 % des revenus générés par l’entreprise. 

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