Halifax commémore les 100 ans d’une immense explosion dans le port

HALIFAX — Des cérémonies funéraires se dérouleront partout à Halifax, mercredi, pour marquer le centième anniversaire d’une immense explosion qui avait ravagé le port de la capitale néo-écossaise, faisant quelque 11 000 morts et blessés à l’époque.

La catastrophe, appelée communément l’explosion d’Halifax, demeure l’un des pires désastres provoqués par l’Homme dans l’histoire du Canada.

Le professeur de l’Université York, Jack Rozdilsky, croit qu’il est important de se souvenir de ce qui s’est passé en cette journée terrible, même si elle semble bien loin pour en tirer des leçons.

M. Rozdilsky souligne que des accidents peuvent encore survenir malgré toutes les nouvelles technologies et la préparation des autorités pour les situations d’urgence.

L’explosion du 6 décembre 1917, qui avait été causée par la collision de deux bateaux dans le port, rappelle que les catastrophes peuvent arriver dans de grands centres, selon le professeur.

Plusieurs changements en matière de sécurité ont été effectués après l’explosion. De nouvelles règles sur le stockage de matériaux dangereux et sur la navigation dans le port ont notamment été adoptées.

Mais la catastrophe a légué un héritage encore plus important. L’explosion, qui a projeté des éclats de verre dans son rayon, a laissé plusieurs personnes aveugles, ce qui a joué un rôle important dans la création de l’Institut national canadien pour les aveugles.

L’événement a également marqué un point tournant majeur pour la Croix-Rouge canadienne, qui auparavant, n’avait vécu aucun désastre civil important. En 1919, l’organisation a élargi son mandat pour intervenir également en temps de paix dans les désastres et urgences médicales.

«Un siècle plus tard, la gestion des désastres demeure un programme phare, avec les bénévoles de la Croix-Rouge qui interviennent en moyenne une fois chaque trois heures quelque part au Canada pour des événements qui peuvent être à petite échelle — comme une famille déplacée par un incendie — ou des inondations, des incendies de forêt ou d’autres catastrophes à grande échelle», a déclaré l’organisme dans un communiqué diffusé mardi.

M. Rozdilsky souligne que la catastrophe a aussi mené à la construction du premier projet d’habitation au Canada. Le quartier Hydrostone s’est développé à partir des cendres du quartier dévasté de Richmond, au nord de la ville.

«Nous voyons le quartier Hydrostone maintenant comme l’un des endroits les plus uniques à Halifax.»

Mercredi, une cérémonie aura lieu au Parc mémorial du Fort Needham, non loin d’où le bateau de munitions français SS Mont-Blanc avait explosé, rasant une bonne partie du nord d’Halifax et un village Mi’kmaq de l’autre côté du port.

Et à 9 h 04 — l’heure exacte de la déflagration — un canon ouvrira le feu au Lieu historique national de la Citadelle-d’Halifax.

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Ma grand-mère Ann-Margaret Sullivan était une des survivantes de l’explosion. Elle avait 9 ans. Elle a perdu ses parents et tous ses frères et soeurs dans l’explosion. Elle est décédée le 20 juin 2001 à 92 ans, presque 93.