Harcèlement au travail: le directeur du Musée canadien de l’histoire démissionne

OTTAWA — Le président-directeur général du Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, a démissionné à la suite d’allégations de harcèlement en milieu de travail.

Le PDG du musée, Mark O’Neill, était déjà en congé de maladie depuis l’été dernier, au moment de l’ouverture d’une enquête indépendante sur des allégations de harcèlement à l’institution nationale — anciennement le Musée canadien des civilisations.

Un communiqué de la firme de communication externe Midtown PR a confirmé que le conseil d’administration du musée avait reçu la démission de M. O’Neill, qui est entrée en vigueur mardi. Le communiqué indique que M. O’Neill sera bientôt remplacé et qu’aucun autre détail ne sera fourni pour le moment.

L’enquête indépendante avait été déclenchée à la suite d’un reportage du réseau français de Radio-Canada, en septembre dernier. Citant des sources anonymes décrites comme «des employés actuels et anciens», le diffuseur public faisait état d’une culture toxique en milieu de travail au musée.

Dans une déclaration publiée jeudi par son avocat, M. O’Neill a confirmé qu’il avait démissionné après une décennie au musée et qu’il avait également pris sa retraite de la fonction publique fédérale. Ni lui ni son avocat n’ont voulu répondre aux questions concernant l’enquête ou les allégations de harcèlement.

M. O’Neill indique qu’il a été honoré de diriger le Musée canadien de l’histoire ainsi que le Musée canadien de la guerre, deux «grandes institutions culturelles» du Canada.

Guilbeault ne commente pas

En janvier, le ministère fédéral du Patrimoine a déclaré qu’il examinait les résultats de l’enquête sur les allégations de harcèlement. Mais on indiquait alors qu’on ne révélerait aucun détail sur les plaintes spécifiques et l’identité des plaignants, invoquant la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Jeudi, le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a réitéré qu’aucun de ces détails ne serait rendu public à l’avenir, pas plus d’ailleurs que le rapport de l’enquête. Il s’agit, a-t-il dit, de protéger la vie privée des individus et de «maintenir la confidentialité de ce processus».

M. Guilbeault a toutefois ajouté qu’il «attend des musées nationaux qu’ils incarnent les normes les plus élevées de respect, de sécurité au travail et d’inclusion», ce qui «signifie de donner en tout temps la priorité au bien-être physique et mental du personnel et du public».

«Nous avons pleinement confiance dans la capacité du conseil d’administration du musée à assurer une transition saine et à continuer de mettre en œuvre les recommandations énumérées dans le rapport d’enquête», conclut le ministre Guilbeault, qui est responsable des musées nationaux canadiens.

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