Harcèlement sexuel au travail: les Canadiens appelés à participer à un sondage

TORONTO – Les Canadiens qui veulent partager avec le gouvernement fédéral leur point de vue sur le problème du harcèlement et des violences à caractère sexuel en milieu de travail ne disposent plus que d’une semaine pour remplir un sondage en ligne à ce sujet.

Lancée le 14 février, cette consultation par le biais d’internet se termine le 3 mars.

Le coup de sonde vise à mettre le gouvernement au parfum des perceptions de la population relativement à cet enjeu, alors qu’Ottawa évalue les différentes façons de faire face aux cas de harcèlement sexuel dans les environnements de travail qui relèvent de sa juridiction.

Les employés sous juridiction fédérale constituent environ six pour cent de la main-d’oeuvre canadienne. Le gouvernement de Justin Trudeau pourrait notamment apporter certains changements au Code canadien du travail.

Le sondage mené en ligne permettra à Ottawa de prendre le pouls de la prévalence des actes de harcèlement et de violence sexuels tout en identifiant les comportements qui y sont liés, avait fait valoir le gouvernement dans le communiqué qui annonçait le lancement de l’exercice consultatif.

Les risques contribuant à l’essor de tels cas dans un environnement professionnel pourront par ailleurs être mis en lumière, avait-on souligné. De même, les ressources qui peuvent être mises à disposition de façon efficace seront mieux déterminées, plaide le gouvernement.

Le sondage en ligne — long de 21 pages — pose de nombreuses questions d’ordre démographique aux répondants, alors que d’autres points visent à soupeser leur point de vue et leurs expériences au chapitre du harcèlement, de l’intimidation et des violences à caractère sexuel dans un cadre professionnel.

Des questions à choix multiples portent quant à elles sur le type d’actions qu’ont privilégié les répondants lorsque confrontés, de près ou de loin, à de telles situations.

Par exemple, une question demande à la personne sondée pourquoi elle a choisi de ne pas dénoncer un cas répréhensible. Celle-ci doit choisir entre l’une des réponses suivantes, entre autres: «À votre avis, le problème était trop peu important», «Le problème a été réglé», «Vous craigniez de parler» et «Vous croyiez que personne ne vous croirait».

Afin d’encourager une plus grande participation, l’information fournie par les répondants est traitée de façon confidentielle. Les participants se font également rappeler de ne pas faire mention d’éléments qui permettraient de les identifier.

Selon les résultats d’un sondage rendus publics en 2015, près de 20 pour cent des employés de la fonction publique ont dit avoir été harcelés au travail au cours des deux années précédentes. La plupart du temps, la personne identifiée comme coupable était un patron ou un collègue. Neuf pour cent des répondants ont rapporté avoir souffert de formes de harcèlement sexuel, tandis que deux pour cent ont plutôt fait état de violences physiques.

La ministre responsable de la Condition féminine, Maryam Monsef, a pressé les Canadiens, jeudi, de répondre au sondage qui prend fin la semaine prochaine.