Harvard: une pétition demande d’exclure des employés de l’administation Trump

BOSTON — Une pétition qui circule à l’Université Harvard exige de nouvelles normes de responsabilité pour les anciens représentants de l’administration Trump qui voudraient travailler ou s’exprimer sur le campus, une idée qui a suscité l’indignation d’éminents conservateurs.

La lettre ouverte en ligne appelle à un nouveau «système de responsabilité» pour examiner les candidatures de hauts responsables politiques qui ont servi sous le président républicain Donald Trump, et qui pourraient venir sur le campus en tant que professeurs ou conférenciers après le départ de M. Trump.

Ceux qui n’ont pas respecté les principes démocratiques traditionnels devraient être disqualifiés, indique la pétition.

«Un mépris total de la vérité est une caractéristique déterminante de nombreuses décisions prises par cette administration, est-il écrit. Cela devrait suffire à tracer une ligne.»

On ne sait pas qui a créé la pétition ou combien d’étudiants l’ont signée. Harvard a refusé de commenter.

Carter Estes, membre républicain du gouvernement étudiant de la Kennedy School de Harvard, a déclaré que la lettre avait été présentée par des étudiants de la Graduate School of Arts and Sciences. Elle est reprise par les gouvernements étudiants de l’université, a-t-il précisé. 

Le gouvernement de l’école Kennedy a voté pour ne pas l’approuver mardi, mais certains autres l’ont fait, selon M. Estes.

Harvard et sa Kennedy School — qui se concentre sur le gouvernement et la politique publique — embauchent souvent d’anciens politiciens et membres du personnel politique pour enseigner. L’université a accueilli dans le passé des personnalités des administrations démocrates et républicaines.

L’école a attiré des gens comme Reince Priebus, l’ancien chef cabinet de Donald Trump et Sarah Hurwitz, la rédactrice de discours de l’ex-première dame Michelle Obama.

Harvard a été confronté à des critiques sur certains choix, dont celui de l’ancien porte-parole de M. Trump, Sean Spicer. La décision a attiré l’opposition de plus de 1000 anciens élèves qui ont fait une pétition contre son embauche, mais sans succès.

La nouvelle pétition soutient que les responsables de l’administration Trump méritaient un examen plus approfondi que ceux liés aux anciens présidents. Elle rappelle que M. Trump a piétiné les normes démocratiques et que ceux qui sont complices «se sont disqualifiés pour être embauchés par l’école en tant que professeurs».

Elle exige que l’université élabore des lignes directrices sur la responsabilité et les partage publiquement d’ici la fin de l’année civile.

D’éminents républicains ont critiqué la pétition comme une attaque contre la liberté d’expression. Alan Dershowitz, professeur de droit à la retraite de Harvard qui a représenté le président Trump dans son procès de destitution, a annoncé qu’il offrirait une aide juridique gratuite à quiconque serait exclu par de nouvelles politiques.

«Est-ce qu’il me sera interdit de parler à Harvard?», a-t-il demandé sur Twitter.

Kayleigh McEnany, la porte-parole de la Maison-Blanche et diplômée de l’école de droit de Harvard, a exhorté l’université à rejeter la pétition.

«Je reviendrai avec plaisir sur le campus et contesterai cela, a-t-elle déclaré au réseau Fox Business. La censure ne doit pas être tolérée. Nos communautés universitaires devraient être des bastions de la liberté d’expression.»

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