Hassan Diab, seul suspect dans l’attentat de la rue Copernic, est jugé à Paris

PARIS — Un ancien professeur de l’Université d’Ottawa d’origine libanaise qui est à ce jour le seul suspect dans un attentat à la bombe perpétré devant une synagogue de Paris, en 1980, est jugé par contumace depuis lundi, près de 43 ans après que quatre personnes ont été tuées et 46 blessées dans cet attentat jamais revendiqué.

Les autorités françaises avaient identifié Hassan Diab comme suspect en 1999, près de vingt ans après les faits. Paris l’accuse d’avoir posé la bombe, le soir du 3 octobre 1980, devant la synagogue de la rue Copernic, où 320 fidèles s’étaient rassemblés pour marquer la fin d’une fête juive.

M. Diab, aujourd’hui âgé de 69 ans, a nié toute implication dans l’attentat: il soutient qu’il se trouvait ce jour-là dans une université de Beyrouth. Ses partisans et avocats en France et au Canada affirment que M. Diab a été accusé à tort par les autorités judiciaires françaises — qu’il s’agit d’une erreur d’identité.

Les enquêteurs français ont attribué l’attentat de la synagogue au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales.

En novembre 2008, la Gendarmerie royale du Canada avait arrêté M. Diab en réponse à une demande d’extradition de la France. Après des années de recours devant les tribunaux canadiens, Ottawa a donné suite à la demande de Paris en novembre 2014.

M. Diab a ensuite passé trois ans en détention préventive, mais les juges antiterroristes ont finalement ordonné sa libération en raison d’un manque de preuves, et il est rentré à Ottawa. 

La Cour d’appel en France a par la suite décidé, en janvier 2021, que M. Diab devait finalement être jugé pour des accusations liées au terrorisme. C’est ce procès qui s’est ouvert lundi à Paris. Un verdict est attendu d’ici le 21 avril. S’il était reconnu coupable, il pourrait écoper une peine d’emprisonnement à perpétuité.

Des rescapés de l’attentat de la rue Copernic et des familles de victimes ont assisté lundi à la première journée d’audience. 

Le procureur Benjamin Chambre a déclaré que l’absence de M. Diab constituait la preuve de sa «lâcheté». L’avocat de M. Diab, William Bourdon, a soutenu de son côté que son client n’avait «jamais fui» quoi que ce soit.

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