Hausse des signalements d’adultes ayant contacté des enfants pour des motifs sexuels

MONTRÉAL — Le Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE) rapporte une hausse des signalements d’adultes qui auraient contacté des enfants de 8 à 12 ans pour qu’ils participent à des actes sexuels dans le cadre d’une diffusion en direct. L’organisme veut donc inciter les parents à discuter avec leurs jeunes des risques auxquels ils s’exposent.

Alors qu’il y avait eu 68 signalements d’adultes pour de tels actes en 2018, il y en a eu 107 en 2019.

Ces données proviennent de Cyberaide.ca, la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur internet, gérée par le CCPE. Son rôle est notamment d’aider la police en faisant le tri des signalements afin de les référer au bon endroit, notamment aux forces policières concernées.

Les signalements sont fréquemment faits par des parents, des conseillers pédagogiques ou par les jeunes visés eux-mêmes, a fait savoir le CCPE. Il est toutefois possible que le nombre de signalements soit encore plus élevé, puisque des parents peuvent s’adresser directement à la police.

L’organisme à but non lucratif rappelle que la grande majorité des applications, des sites web et des plateformes de jeu en ligne offrent désormais des fonctions de vidéo en direct.

Les enfants peuvent donc être exposés à toutes sortes de contenus, se retrouver dans des conversations inappropriées, s’exposer au regard d’adultes ou se faire inviter par message privé à poursuivre la conversation dans un canal de diffusion privé.

Cyberaide.ca fait état d’un cas où un adulte a offert à un adolescent de 11 ans de lui transmettre du matériel pornographique s’il acceptait de se masturber en même temps que lui dans le contexte d’une diffusion en direct. Le même individu avait en outre invité le jeune à utiliser un appareil mobile auquel ses parents n’auraient pas accès.

Le CCPE offre de nombreux conseils aux parents. D’abord, il les incite à parler à leurs jeunes des risques de la vidéo en direct, notamment en leur expliquant qu’une capture d’écran ou une séquence vidéo tirée d’une diffusion en direct peut être utilisée contre eux pour les mettre dans l’embarras ou leur faire du tort.

Il suggère aussi d’aider le jeune à configurer ses paramètres de confidentialité, et de se mettre d’accord sur les personnes qu’il peut accepter en tant qu’abonnés à ses comptes sur diverses plateformes.

Et puisque les jeunes diffusent souvent en direct le soir dans leur chambre, avance le CCPE, il suggère de retirer les appareils électroniques des chambres et de désactiver le wifi avant le coucher.

«Les parents s’imaginent peut-être que leur préado ne fait pas de vidéo en direct parce qu’il est trop jeune pour savoir quelles applications ou sites utiliser. Mais les signalements transmis à Cyberaide.ca nous montrent que des enfants se font solliciter par des adultes dès l’âge de 8 ans sur des plateformes de vidéo en direct. D’où l’importance que les parents parlent de sécurité en ligne avec leurs enfants à mesure qu’ils grandissent dans le but de les protéger», a prévenu dans un communiqué Signy Arnason, la directrice générale adjointe du CCPE.

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