Hausse du nombre de gens brûlés en raison de l’oxygène et la cigarette

EDMONTON – Les cicatrices rouges sur le visage d’Al Pombert sont un avertissement de ce qui peut arriver à quelqu’un qui fume pendant un traitement à l’oxygène.

M. Pombert reconnaît qu’il n’y avait pas pensé en novembre dernier au moment d’allumer une cigarette, alors qu’il était branché sur l’oxygène pour un traitement de sa maladie pulmonaire obstructive chronique et son emphysème.

Une explosion est alors survenue, ce qui aurait pu le tuer.

«En fait, je pleurais. Voilà à quel point je souffrais, s’est rappelé mardi M. Pombert, âgé de 70 ans. Pendant deux ou trois jours, je souffrais d’une douleur atroce.»

Al Pombert a dit que la douleur était encore pire lors de la guérison, au moment où les infirmières ont dû lui enlever une croûte de chair brûlée de son visage.

Les autorités sanitaires ont estimé qu’un nombre croissant de personnes, principalement des personnes âgées, subissent le même sort en fumant lors d’un traitement d’oxygénothérapie à long terme à domicile.

Le docteur Edward Tredget, un spécialiste en traitement des brûlures à l’Hôpital universitaire de l’Alberta, a déclaré que les blessures peuvent non seulement brûler la peau du visage, mais aussi les voies respiratoires, les mains ainsi que le corps.

Dans certains cas, les gens meurent de leurs brûlures. Dans d’autres cas, ils sont tellement blessés qu’ils ont besoin de greffes de peau et séjourneront pendant une longue période à l’hôpital.

Le docteur Tredget a dit qu’il était illégal pour quelqu’un qui suit un traitement d’oxygénothérapie de fumer. Cependant, certains le font tout de même parce qu’ils sont trop dépendants du tabac.

Les proches et les soignants représentent parfois une partie du problème.

«Dans un sens, il est difficile de demander à quelqu’un qui a fumé toute sa vie d’arrêter tout d’un coup, a-t-il reconnu. La majorité des patients qui vivent dans des maisons de soins ont accès à des cigarettes grâce à leurs proches et même, dans certains cas, par des membres de l’endroit où ils sont hébergés.»

Une étude publiée aux États-Unis, l’an dernier, a estimé que plus d’un patient sur cinq en oxygénothérapie à domicile sont des adeptes de la cigarette. L’Alberta a indiqué pour sa part que plus de 35 personnes ont été traitées pour des brûlures au cours des dix dernières années. Il n’y avait cependant pas de données disponibles à l’échelle nationale.

Les cigarettes électroniques sont également montrées du doigt dans ce type de brûlures.

Santé Canada a rapporté un cas, en novembre 2014, d’un fumeur utilisant une vapoteuse. L’agence fédérale a déclaré qu’il y avait eu d’autres cas semblables dans d’autres pays.

«Santé Canada avise les consommateurs des risques potentiels de l’utilisation de la cigarette électronique durant un traitement oxygénothérapie», a indiqué l’agence sur son site Internet.

M. Tredget a dit que certaines personnes ne comprennent pas que l’oxygène dans une bonbonne n’est pas comme celle que l’on respire dans l’air régulière. L’oxygène en bouteille est pure et agit en quelque sorte comme un accélérant pour le feu.

Les autorités sanitaires ont dit espérer que la sensibilisation va pousser les gens à arrêter de fumer et ainsi réduire le problème.

En Nouvelle-Zélande, les gens qui sont surpris en train de fumer lors de l’oxygénothérapie sont interdits d’utiliser les bouteilles, a donné en exemple M. Tredget.

Il a ajouté que les personnes qui fument pendant le traitement constituent également une menace pour les autres, car un incendie pourrait blesser d’autres personnes et endommager l’endroit en question.

Pour sa part, Al Pombert, qui fume depuis qu’il avait neuf ans, a dit qu’il n’y a rien comme la douleur d’être brûlé pour faire comprendre le danger. Il a dit espérer que les gens apprennent de son erreur.