Homard: des parlementaire proposent une pêche autochtone cogérée

HALIFAX — Trois parlementaires mi’kmaq croient qu’Ottawa devrait créer une pêche autochtone cogérée au large de la Nouvelle-Écosse comme solution à long terme aux conflits entre les pêcheurs non autochtones et ceux des Premières Nations.

La proposition vient du sénateur Dan Christmas, ancien chef de la Première Nation Membertou au Cap-Breton, du sénateur Brian Francis, de la Première Nation Abegweit de l’Île-du-Prince-Édouard et de Jaime Battiste, député libéral de la Nouvelle-Écosse.

M. Christmas a déclaré dans une entrevue cette semaine que le trio avait eu des discussions vendredi dernier avec la ministre des Pêches Bernadette Jordan et la ministre des Relations autochtones Carolyn Bennett pour faire avancer leur proposition.

Cet effort intervient au moment où sont lancées plusieurs pêches au homard par des pêcheurs mi’kmaq, chacune liée à la décision de la Cour suprême du Canada de 1999 déclarant que Donald Marshall Jr. avait le droit issu de traités de pêcher les anguilles quand et où il le voulait, sans permis.

La décision Marshall a stipulé que les bandes mi’kmaq, malécite et passamaquoddy pouvaient chasser, pêcher et se rassembler pour gagner un «moyen de subsistance modéré». Un tribunal a toutefois offert une clarification deux mois plus tard, affirmant que le droit issu du traité était soumis à la réglementation fédérale à des fins de conservation.

La Première Nation de Sipekne’katik a ouvert sa pêche au homard dans la baie Sainte-Marie le mois dernier, attirant les critiques de pêcheurs non autochtones qui soutiennent que la pêche en dehors de la saison normale enfreint les règles fédérales — et la deuxième partie de la décision Marshall.

La flotte des Sipekne’katik comprend 10 bateaux avec 50 casiers chacun, ce qui équivaut à la capture d’environ deux des quelque 944 permis de pêche commerciale au homard accordés aux pêcheurs non autochtones de la région.

Des pêcheurs de homard mi’kmaq de la Première Nation Potlotek du Cap-Breton prévoyaient lancer leur pêche dans la baie St. Peters, jeudi, selon leur propre plan de pêche et en dehors de la saison commerciale régulière.

M. Christmas a indiqué que les dirigeants mi’kmaq étaient en grande partie insatisfaits de la méthode actuelle du ministère fédéral des Pêches, qui consiste à conclure des accords individuels avec les bandes.

Les dirigeants mi’kmaq soulignent la mise en œuvre réussie d’un système d’éducation cogéré dans la province, adopté par 12 des 13 Premières Nations mi’kmaq comme modèle.

«Nous gouvernons notre propre système d’éducation depuis 25 ans, et nous pensons que l’élaboration d’un modèle similaire pour la pêche aurait un succès égal», a avancé M. Christmas. Il soutient également que les discussions sur la question des pêches devraient passer du ministère fédéral des Pêches à celui des Relations Couronne-Autochtones, sous la direction de Carolyn Bennett.

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