Homicides, vols, fraudes: forte hausse de la criminalité à Winnipeg

WINNIPEG — Le chef de police de la capitale manitobaine révèle que le nombre d’homicides a doublé l’an dernier alors que la ville a connu une hausse alarmante de la criminalité sur son territoire.

«Ç’a été une année spectaculaire pour notre communauté en matière de crimes et de taux de criminalité», a déclaré le chef du Service de police de Winnipeg, Danny Smyth, qui qualifie la situation d’«alarmante».

Le bilan annuel 2019 sur la criminalité a été publié vendredi. On y apprend que 20 878 crimes violents ont été recensés dans la ville, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente et de 17 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Entre autres, on a répertorié 44 homicides, ce qui correspond au double de la moyenne des cinq dernières années qui s’élève à 22.

«Plusieurs homicides avaient des enfants pour victime et on a même eu des homicides où les suspects étaient des enfants», a précisé le chef Smyth.

Il a cité le cas du meurtre de Jaime Adao, 17 ans, tué en tentant de protéger sa grand-mère contre un homme entré par effraction dans leur domicile. Le chef de police a également rappelé la mort de Hunter Haze Straight-Smith, trois ans seulement, poignardé à mort pendant son sommeil.

Par ailleurs, quatre des 44 homicides commis l’an dernier demeurent non résolus.

Danny Smyth ajoute que si Winnipeg n’a pas connu autant de fusillades que d’autres grandes villes du pays, ses policiers sont confrontés de plus en plus souvent à des armes à feu. Une hausse de 38 % des crimes impliquant des armes à feu a été comptabilisée.

«Je crois qu’il ne se passe une semaine sans qu’on arrête quelqu’un en possession d’une arme à feu», a soutenu le chef Smyth.

Les crimes contre la propriété ont connu une hausse de 15 % par rapport à 2018 et de 48 % par rapport à la moyenne quinquennale. On note des hausses majeures des cas de vol, de fraude et de possession de biens volés.

Fait particulier, près de 30 % des vols ont été commis dans des commerces de vente d’alcool.

Ces fortes hausses de la criminalité ont mis beaucoup de pression sur le service de police, admet le patron. Des ressources ont d’ailleurs été réaffectées en première ligne pour la mise en place de projets spéciaux, de sensibilisation dans les écoles et de surveillance de la circulation.

Le chef Danny Smyth a tout de même su trouver une bonne nouvelle dans ce bilan. Il estime que les relations sont désormais plus solides entre la police et les groupes de soutien aux communautés autochtones comme le Bear Clan Patrol.

Laisser un commentaire