Hôpitaux en régions éloignées au N.-B.: les conservateurs marchent sur des oeufs

FREDERICTON — Le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs tente d’apaiser les craintes selon lesquelles il tenterait à nouveau de sabrer les salles d’urgence et soins de courte durée dans les hôpitaux en régions rurales au Nouveau-Brunswick. Le premier ministre sortant refuse toutefois de s’engager à maintenir les services à leur niveau actuel s’il est réélu.

Blaine Higgs a fait un arrêt devant l’hôpital du village de Perth-Andover, samedi, pendant que les électeurs se rendaient aux urnes dans le cadre de la première de deux journées de vote par anticipation.

L’enjeu des hôpitaux en zones rurales — et la redirection des ressources vers des soins pour la population vieillissante — s’est avéré l’un des plus délicats pour les progressistes-conservateurs au cours de la dernière année.

Face à une levée de bouclier en février, le gouvernement minoritaire de M. Higgs a dû abandonner ses plans visant à réduire les heures d’ouverture des urgences et à convertir des lits de soins actifs pour des soins de longue durée à l’hôpital de Perth-Andover, ainsi que dans des établissements similaires à Sussex, Sackville, Grand Falls, Caraquet et Saint-Anne-de-Kent.

En s’adressant aux journalistes samedi, Blaine Higgs a déclaré qu’il venait de rencontrer le maire de la communauté rurale et qu’il s’était engagé à maintenir les heures d’ouverture de l’urgence et les lits de soins de courte durée dans l’hôpital local.

Il s’est cependant abstenu de promettre le maintien des niveaux de services, affirmant que cela dépendra de «discussions avec la communauté».

«Je m’engage absolument à travailler avec les communautés pour trouver des solutions avec lesquelles elles se sentent à l’aise parce que nous avons besoin de leur soutien pour que cela se concrétise», a-t-il offert.

Il faut trouver des moyens d’améliorer les soins aux personnes âgées qui ont besoin d’accéder à des lits de longue durée, a insisté M. Higgs.

Lorsqu’on lui a demandé si son parti s’engageait à financer davantage de lits et d’établissements de soins de longue durée, il a répondu que la province doit trouver des solutions à plus court terme. «Il y a des installations qui manquent de personnel en ce moment dans toute la province», a-t-il relevé.

M. Higgs a noté que pendant la crise sanitaire, de nombreux aînés ont été transférés avec succès vers «des niveaux de soins appropriés» afin de libérer des lits d’hôpital dans l’éventualité d’une flambée de cas de COVID-19, ce qui signifie selon lui que des solutions innovantes restent possibles.

Il a également annoncé qu’un gouvernement progressistes-conservateur veillerait à ce que les personnes âgées aient accès à des vaccins à haute dose contre la grippe cet automne, par souci de minimiser la pression sur le système de santé.

Lors du récent débat électoral, le chef libéral Kevin Vickers s’était concentré sur la question des hôpitaux, affirmant que son adversaire avait perdu la confiance des citoyens en la matière.

M. Higgs a répliqué samedi que les libéraux n’ont pas eux-mêmes un plan solide.

Pendant ce temps, M. Vickers faisait campagne à Oromocto, où il n’a fait aucune annonce.

Le chef de l’Alliance des gens, Kris Austin, était pour sa part de passage à Saint-Jean. Il s’est engagé à faire en sorte que chaque école offre un programme d’aide alimentaire pour enfants de tous âges comme méthode de lutte contre la pauvreté infantile.

En entrevue téléphonique, samedi, M. Austin a avancé que les propos de M. Higgs viennent confirmer l’idée selon laquelle l’élection d’un gouvernement minoritaire protégerait les services de santé en régions rurales.

M. Austin a déjà prôné la fusion des réseaux francophone et anglophone pour réinvestir les sommes économisées en soins de première ligne. 

Le chef vert David Coon, de son côté, fait campagne à Fredericton tout au long du weekend.

Selon Élections Nouveau-Brunswick, plus de 36 000 électeurs se sont prononcés en date de samedi, 14h, dans le cadre du vote par anticipation.

Il s’agit d’un bond de 41 % comparativement aux 25 000 personnes ayant voté sur la même période lors de l’élection de 2018.

Le porte-parole Paul Harpelle invite toutefois à la prudence en tirant des conclusions de cet achalandage. Les autorités ont encouragé la population à voter par anticipation afin d’éviter les foules propices à la propagation de la COVID-19, le jour de l’élection, le 14 septembre.

La deuxième journée de vote par anticipation est prévue mardi, lorsque plusieurs parents devront accompagner leurs enfants qui reprennent le chemin de l’école, souligne M. Harpelle. La météo s’est également montrée favorable samedi.

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