Huawei refuserait de collaborer avec Pékin, assure son fondateur

SHENZEN, Chine — Le géant chinois des télécommunications Huawei refuserait toute demande du gouvernement chinois de lui remettre des informations confidentielles concernant ses clients étrangers et leurs réseaux de communication, a assuré mardi le fondateur de la compagnie.

Ren Zhengfei, un ancien ingénieur militaire, a fait ces commentaires lors d’une rare rencontre avec les journalistes, apparemment dans l’espoir de calmer les inquiétudes occidentales au moment où plusieurs gouvernements s’apprêtent à consacrer des milliards de dollars aux technologies de prochaine génération.

C’est la première fois que l’homme de 74 ans répond à ceux qui prétendent que la compagnie est contrôlée par le Parti communiste au pouvoir ou contrainte de collaborer avec l’espionnage chinois.

Les États-Unis, l’Australie, le Japon et d’autres pays ont imposé des restrictions à l’utilisation de la technologie de Huawei.

M. Ren a assuré que sa compagnie «répondrait définitivement non» si le régime chinois lui demandait des informations confidentielles concernant ses clients et leurs activités. Il a ajouté que ni lui ni sa compagnie n’ont jamais reçu de demande du gouvernement pour obtenir des «informations inappropriées».

Huawei prétend être propriété de ses employés à 100 pour cent. Aucun investisseur qui ne serait pas un employé, actuel ou ancien, «ne détient un seul cent d’actions de Huawei».

M. Ren a dit que Huawei ne collabore aucunement avec l’armée chinoise.

M. Ren est le père de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei qui a été arrêtée au Canada le 1er décembre en vertu d’un mandant américain. Il a dit ne pas pouvoir discuter de l’affaire qui se trouve devant les tribunaux, mais il a assuré que sa compagnie respecte la loi, y compris les sanctions commerciales, dans tous les pays où elle est présente.