Huawei, «victime de la guerre de Trump», espère toujours s’implanter au Canada

OTTAWA — Huawei Canada s’est dépeint mercredi comme une victime collatérale de la guerre commerciale que livre l’administration Trump à la Chine et a dit continuer d’espérer pouvoir vendre sa technologie 5G au Canada.

La veille, le Royaume-Uni était devenu le plus récent partenaire du Canada dans le groupe de partage de renseignement «Five Eyes» à exclure le géant chinois de son réseau internet sans fil 5G. Le gouvernement canadien, de son côté, réfléchit toujours à l’éventuelle participation de Huawei dans le déploiement au pays de la nouvelle technologie sans fil.

Alykhan Velshi, vice-président des affaires générales de Huawei Canada, affirme que la société espère qu’Ottawa saura ignorer les machinations politiques de l’administration américaine visant à miner l’entreprise chinoise.

Le Royaume-Uni s’est ainsi fermement aligné, mardi, sur la croisade du président américain Donald Trump pour que Huawei soit banni des pays alliés des États-Unis, y compris le Canada.

Les États-Unis considèrent Huawei comme une menace à la sécurité nationale et soutiennent que son équipement et sa technologie serviraient de porte d’entrée dérobée aux dirigeants communistes et militaires chinois pour espionner d’autres pays — une accusation que le géant chinois nie catégoriquement.

Le gouvernement Trudeau retarde sa décision, pourtant très attendue, sur le 5G en grande partie à cause de l’emprisonnement de deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, depuis décembre 2018 en Chine.

Les deux hommes ont été accusés de menaces à la sécurité nationale, mais le gouvernement canadien y voit une mesure de représailles pour l’arrestation à Vancouver, à la demande des Américains, de la directrice des finances de Huawei, Meng Wanzhou. Les Américains souhaitent son extradition afin de la traduire devant les tribunaux pour fraude.

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