Hubert Lenoir remporte trois Félix supplémentaires lors du 44e Gala de l’ADISQ

MONTRÉAL — La Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts a accueilli dimanche soir le 44e Gala de l’ADISQ, qui célèbre le talent et l’excellence des artistes de l’industrie musicale québécoise.

Animé par l’humoriste Louis-José Houde pour une 17e année consécutive, le Gala a remis dix prix Félix à une poignée d’artistes dans les catégories les plus attendues.

Une vingtaine d’artistes ont foulé les planches au cours de la soirée, comme Cœur de pirate, Corneille, Hubert Lenoir, Lisa LeBlanc et Édith Butler, pour n’en nommer que quelques-uns.

Les cinq artistes en nomination dans la catégorie Révélation de l’année, soit Ariane Roy, Étienne Coppée, Natasha Kanapé Fontaine, La Zarra et Jay Scott, sont également montés sur scène pour l’occasion.

L’effet Hubert Lenoir

Hubert Lenoir, grand favori cette année, a empoché les trois Félix pour lesquels il était nommé, soit Artiste de l’année – Rayonnement international, Auteur ou compositeur de l’année et Interprète masculin de l’année. Son deuxième album PICTURA DE IPSE : Musique directe, paru à l’automne 2021, lui a valu un total de onze nominations, en comptant le Premier Gala de l’ADISQ et le Gala de l’industrie, présentés mercredi dernier.

Peu volubile, le chanteur de 28 ans s’est dit satisfait de la tournure de la soirée, affirmant en entrevue qu’il était désormais temps de «faire de la nouvelle musique».

Questionné sur son intention de se développer davantage à l’étranger, l’artiste a déclaré ne pas vouloir «contextualiser sa musique» uniquement au Québec, ajoutant qu’il tentait de garder un «regard plus ouvert».

«Ça me fait plaisir de voir que ça a pu toucher ailleurs et qu’on a pu voyager autant avec ce que je fais», a-t-il conclu simplement.

Dans un dernier discours de victoire coloré, l’interprète masculin de l’année a appelé l’industrie musicale québécoise à «amener plus de monde sur la scène», indiquant que beaucoup d’artistes étaient toujours méconnus malgré leurs «gros publics».

Sans grande surprise, c’est Roxane Bruneau qui a été couronnée Interprète féminine de l’année. Elle avait aussi été nommée dans la catégorie Album de l’année – Succès populaire pour son dernier projet, Acrophobie.

L’Album de l’année a plutôt été remis aux Cowboys Fringants pour leur Bande sonore originale du film L’Amérique pleure, et c’est l’artiste pop-rock alternatif Klô Pelgag qui a remporté l’honneur du Spectacle de l’année pour Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

Paru en 2020, l’album Notre-Dame-des-Sept-Douleurs avait porté sa tournée jusqu’au Japon, où la chanteuse de 32 ans s’était produite aux mois d’août et de septembre.

«Dans mes souvenirs, c’est lié à la France ; après un spectacle, un journaliste japonais était venu me porter un magazine dans lequel il avait fait genre quatre pages sur moi, a-t-elle expliqué en entrevue. […] On s’en rend pas compte, mais la musique, ça voyage».

Klô Pelgag s’est dite «surprise» de remporter un Félix, en plus de souligner le rayonnement de l’industrie musicale du Québec à l’étranger.

«À chaque fois que je vais en France, les gens du public me disent “la musique québécoise, c’est fort”. Les gens sont très admiratifs», a-t-elle ajouté.

Laura Niquay, une «guerrière»

C’est l’autrice-compositrice-interprète attikamek Laura Niquay qui a décroché le Félix de la catégorie Artiste autochtone de l’année, qui n’existe que depuis 2019. Celle qui se décrit comme une «guerrière» avait aussi reçu, mercredi dernier, le Félix de l’Album de l’année – Langues autochtones pour son projet Waska Matisiwin, sorti en 2021.

«C’est la reconnaissance que je ressens vraiment, et l’honneur. C’est important que la musique autochtone soit entendue au Québec et au Canada, a-t-elle déclaré en entrevue. J’ai pas fini de me battre, si je peux dire, parce que je me sens comme une combattante, une militante dans ce métier-là».

Issue d’une famille de musiciens, Laura Niquay a souligné vouloir «parler pour son peuple», chanter pour lui et l’aider en composant des chansons d’espoir.

«Y’a beaucoup de problèmes, y’a des communautés endeuillées en ce moment et je veux juste aider les gens à voir une autre facette de la vie, au lieu du désespoir», a ajouté la chanteuse de 40 ans.

Du côté de la Chanson de l’année, c’est Copilote, interprétée par Jay Scott et Fouki, qui a été sacrée grande gagnante. Après avoir gagné le prix Vidéo de l’année pour la même chanson lors du Premier Gala de l’ADISQ, mercredi dernier, les deux artistes ont admis avoir sous-estimé le succès qu’allait connaître leur collaboration.

«On aime toujours la toune qu’on fait, veut veut pas, sinon on la ferait pas ou on la sortirait pas. […] Mais on sait jamais vraiment aussi c’est quoi la toune qui peut marcher», a précisé Fouki en entrevue.

Le rappeur a ajouté que lui et Jay Scott avaient été «vraiment contents» du résultat lors de la production en studio, mais qu’ils n’auraient jamais envisagé que le morceau puisse devenir la chanson de l’année.

Enfin, le prix Groupe ou duo de l’année a été décerné à Salebarbes, un groupe de musique traditionnelle acadienne, et l’honneur de Révélation de l’année est revenu à la chanteuse Ariane Roy, connue pour son album «medium plaisir» paru plus tôt cette année.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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