Hydro-Québec se dote d’un plan d’adaptation aux changements climatiques

MONTRÉAL — Hydro-Québec se dote de son premier plan d’adaptation aux changements climatiques en vue d’affronter le nombre croissant d’événements météorologiques extrêmes pouvant mettre à mal son service et ses équipements. 

La société d’État prévoit une série d’actions à mettre en œuvre au cours des prochaines années. L’une des solutions qui pourrait être plus visible aux yeux du public sera le remplacement de poteaux électriques en bois par des poteaux en composite ou en acier dans certains secteurs. 

«Dans certains cas, si les poteaux en bois sont très affectés par plus d’humidité, soit avec plus de précipitations et des chaleurs extrêmes, leur durée de vie va diminuer. Donc, il y a deux impacts: une vulnérabilité plus grande à des pannes et un taux de remplacement plus élevé», a expliqué le directeur à l’activation et intégration du développement durable à Hydro-Québec, Philippe Bourke, en conférence de presse, jeudi, à Montréal. 

Le plan contient au total 26 axes d’interventions qui englobent la conception des ouvrages, l’exploitation des réseaux, les pannes et les impacts sur les infrastructures ainsi que la santé et la sécurité des travailleurs de la société d’État. 

«Les risques climatiques doivent désormais constituer des éléments à part entière de l’ensemble des décisions de l’entreprise. Il est important pour Hydro-Québec de se doter d’un tel plan, qui vise à renforcer notre résilience face à ces bouleversements», a affirmé la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, dans un communiqué. 

Parmi les autres mesures envisagées, Hydro-Québec souhaite renforcer certaines lignes de transport, intensifier le programme d’abattage d’arbres à risque pour son réseau de distribution, faire une surveillance plus étroite des incendies de forêt, augmenter la résilience d’équipements face aux changements climatiques et protéger son personnel des coups de chaleur.  

Pour limiter les impacts des phénomènes météorologiques sur son réseau aérien, le producteur d’hydroélectricité pourrait aussi miser sur l’enfouissement «allégé» des fils électriques dans des secteurs éloignés avec peu de clients, mais sujets à des pannes fréquentes. 

La technique consiste à enfouir les câbles souterrains dans une tranchée sur un lit de sable.

La méthode nécessite des infrastructures moins importantes et coûteuses que les enfouissements habituels qui exigent la construction de canalisations bétonnées, et qui se font principalement dans des zones densément peuplées. 

Un projet-pilote est en cours au Parc national de la Mauricie pour évaluer la viabilité de cette solution. 

«Choix payant»

Le plan d’adaptation aux changements climatiques se veut évolutif dans le temps. Des échéanciers ont été établis pour certaines actions. Il ne détaille toutefois pas les coûts nécessaires à l’application des différentes mesures. 

M. Bourke souligne cependant que le plan stratégique 2022-2026 d’Hydro-Québec prévoit une hausse des investissements pour l’entretien des infrastructures, passant de 3,7 à 5 milliards $. 

«On est déjà engagé dans une logique où on augmente notre effort. De façon précise, je crois qu’on a doublé au cours des dernières années les investissements en maîtrise de la végétation», a-t-il donné en exemple. 

Hydro-Québec soutient que de dépenser en adaptation aux changements climatiques est un «choix payant». 

«On prévient des coûts très importants dans le futur, a évoqué M. Bourke. On estime que pour 1 $ investi en adaptation aux changements climatiques, on économise de 10 à 15 $.» 

Hydro-Québec est déjà confrontée aux aléas météorologiques. La tempête survenue le printemps dernier, qualifiée de «derecho» — qui a causé des milliers de pannes dans la province — a donné un avant-goût des conséquences résultant de phénomènes météorologiques extrêmes. 

Mais «Hydro-Québec ne vient pas juste de se réveiller» à propos de l’importance des impacts des événements climatiques extrêmes, assure M. Bourke. 

Au lendemain du déluge du Saguenay en 1996 et de la crise du verglas en 1998, elle a cofondé l’organisme Ouranos, un pôle de recherche sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques. 

L’entreprise a débuté l’élaboration de son nouveau plan comptant près de 140 pages en 2019 avec notamment l’aide d’experts. 

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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