Hydro versera une subvention déguisée de 70 millions $ par an à GNL, selon QS

QUÉBEC — Hydro-Québec pourrait subventionner à coup de 70 millions $ par an l’usine de GNL Québec projetée à Saguenay, déplore Québec solidaire (QS).

Le parti de gauche soutient que c’est un avantage indu accordé à une future usine extrêmement polluante, alors que les familles québécoises paient un plein tarif sur l’électricité, pour reprendre les propos affirmés mardi par la porte-parole de QS en matière d’environnement, Ruba Ghazal.

Ainsi, l’usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec paiera 0,03 $ le kilowattheure, et de surcroît, Hydro-Québec lui accordera un rabais de 20 pour cent pendant six ans. Cela se compare avantageusement au tarif de 0,09 $ le kilowattheure payé par le particulier, a souligné Mme Ghazal.

«L’usine de GNL Québec va consommer chaque année autant d’énergie que 250 000 maisons et (…) on va leur vendre ça pour une bouchée de pain», a dénoncé la députée de QS au cours de la période de questions.  

Au total, selon un expert cité par QS, Bernard Saulnier, Hydro accordera donc une subvention déguisée de 70 millions $ par an, au minimum. «C’est une subvention déguisée et tout le monde va payer pour ça, a-t-elle poursuivi. Mais est-ce que ça va profiter à tout le monde? Pas du tout.»

À la période de questions, le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, n’a pas démenti les chiffres et n’a pas précisé quels allaient être les tarifs et avantages consentis par Hydro, mais a ajouté que les analyses n’étaient pas terminées.

«Pour l’instant, ce qu’on a entre les mains, c’est un projet de 14 milliards $ d’investissements hyperimportants pour le développement économique», a-t-il fait valoir.

Le parti de gauche a lancé cette semaine une campagne de mobilisation pour bloquer ce projet controversé de 14 milliards $, que le gouvernement caquiste accueille de façon plutôt favorable.

QS veut ainsi sensibiliser la population aux dangers du projet et faire reculer le gouvernement caquiste.

Les députées Ruba Ghazal et Catherine Dorion se rendront au Saguenay jeudi pour prendre part à des activités avec des militants et des citoyens.

Le promoteur du projet plaide entre autres que le gaz naturel de l’Alberta ainsi exporté en Europe et en Asie sera un substitut à des énergies plus polluantes comme le charbon.

QS rappelle que le projet, de l’extraction du gaz en Alberta jusqu’à sa liquéfaction à l’usine, sur tout le cycle, émettra 7 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an, c’est-à-dire qu’il annulera en une seule année tous les efforts de réduction de GES depuis 1990.

Le projet GNL dans son ensemble consiste en la construction d’un gazoduc de 750 km qui irait de l’Ontario, en transportant du gaz de l’Ouest, jusqu’à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour acheminer ensuite le gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe notamment. Il doit encore recevoir les autorisations environnementales.

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