Hydrocarbures et travaux bannis des aires marines protégées au Canada

OTTAWA — L’industrie pétrolière et gazière n’est plus la bienvenue dans les aires marines de conservation du Canada, et les environnementalistes canadiens en sont ravis.

Le ministre des Pêches, Jonathan Wilkinson, a dévoilé jeudi de nouvelles normes pour les aires marines protégées au Canada, interdisant totalement les activités pétrolières et gazières, ainsi que l’exploitation minière, le déversement des déchets et le chalutage de fond.

Le changement met en œuvre les recommandations faites au gouvernement l’année dernière par un comité consultatif et aligne le Canada sur les normes internationales établies par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

«Les nouvelles normes que j’annonce aujourd’hui contribueront à garantir que nous serons en mesure de fournir à nos enfants et à nos petits-enfants un patrimoine environnemental comprenant des océans sains, durables et productifs», a déclaré M. Wilkinson.

Il a pris la parole lors d’un sommet international sur la nature que le Canada organise à Montréal cette semaine pour pousser d’autres pays à faire davantage pour protéger l’environnement mondial.

Megan Leslie, un ancienne députée néo-démocrate de Halifax et actuellement présidente du Fonds mondial pour la nature – Canada, a accueilli cette annonce avec enthousiasme sur Twitter.

«Je suis un peu à court de mots alors voici des emojis», a-t-elle écrit, suivis par les emojis des trophées, des applaudissements, des baleines et des bruiteurs avec des confettis.

L’interdiction d’activité industrielle inclut la nouvelle zone de protection marine du chenal laurentien au large de la côte sud de Terre-Neuve-et-Labrador. En 2017, la réglementation proposée pour la zone aurait permis l’exploitation de pétrole et de gaz dans 80 pour cent du canal, ce qui avait provoqué un tollé important de la part du public.

Le gouvernement a reçu plus de 70 000 soumissions exigeant que le Canada interdise le développement de certaines zones marines. M. Wilkinson a déclaré que le chenal laurentien serait la première zone de protection marine à utiliser les nouvelles normes.

Les nouvelles normes ne s’appliqueront que dans les zones protégées par le gouvernement fédéral. Jusqu’à présent, les activités industrielles étaient autorisées ou limitées au cas par cas.

Les sociétés d’exploration détiennent des permis de découverte de pétrole et de gaz dans deux zones de protection marine existantes: la zone protégée de Tarium Niryutait au large des Territoires du Nord-Ouest et la zone protégée de Gully au large de la Nouvelle-Écosse. M. Wilkinson a déclaré que ces licences ne seront pas immédiatement annulées, mais seront réexaminées lorsque les plans de gestion de chaque projet feront l’objet d’examens réguliers. Ni l’une ni l’autre n’est le théâtre d’une exploration active en ce moment.

Il incombera aux provinces de déterminer les normes pour les zones marines protégées par la législation provinciale.

Les normes ne s’appliqueront pas non plus aux refuges marins, qui sont des zones plus nombreuses où les gouvernements imposent des fermetures de pêche, souvent pour protéger une seule espèce. Certains autorisent encore les opérations pétrolières et gazières. Ceux qui ne le font pas ne compteront pas dans l’engagement du Canada de protéger 10 pour cent des zones marines et côtières du pays d’ici 2020.

Avec l’annonce de jeudi concernant la nouvelle zone protégée de la Laurentienne de 11 600 kilomètres carrés, le Canada est à un niveau de 8,27 pour cent dans sa quête d’atteindre 10 pour cent des zones côtières et marines conservées par l’entremise de réseaux d’aires protégées, dont plus de la moitié dans des refuges. En 2015, le Canada n’avait protégé qu’environ 1 pour cent de ces zones.

M. Wilkinson a déclaré qu’aucun refuge ne serait retiré de ce total pour le moment.

Oceana Canada, un organisme de bienfaisance voué à la protection de la vie marine, s’est dit préoccupé par le fait que quatre mois après que le Canada eut désigné l’aire de conservation du talus du nord-est de Terre-Neuve — une section de 47 000 kilomètres carrés de l’océan Atlantique — comme refuge marin, il a accepté l’exploration d’hydrocarbures dans le même secteur. Cette décision a également provoqué la colère des pêcheurs locaux, la désignation leur interdisant toute activité de pêche au nom de la protection de l’environnement.

Oceana a salué les nouvelles normes par voie de communiqué.

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