Il est faux de prétendre que les adolescents ont été oubliés, affirme Roberge

QUÉBEC — Aucun élève québécois n’a été oublié pendant la pandémie, a déclaré mercredi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, dans le cadre d’une commission parlementaire virtuelle.                

Il répondait à une question de la députée libérale Marwah Rizqy, qui évoquait l’anxiété vécue par les 330 000 élèves du secondaire qui ont été oubliés, selon elle.

«Il n’y a personne qui a été oublié, ni nos 5 ans, ni nos 8 ans, ni nos 12 ans, ni nos adolescents», a affirmé le ministre. 

«Je pense que c’est faux de dire ça, a-t-il poursuivi en rappelant les efforts déployés pour créer l’École ouverte, les émissions à Télé-Québec et les trousses du ministère. Jamais on a cessé de penser à nos ados.» 

Dans les derniers jours, des experts, des députés d’opposition ainsi que plusieurs chroniqueurs ont soutenu que les adolescents étaient les grands oubliés de la crise de la COVID-19.

Mme Rizqy a signalé qu’une adolescente de Beauport, à Québec, a publié dans Le Soleil une lettre adressée au premier ministre François Legault, dans laquelle elle l’implore d’ouvrir les écoles secondaires et de déconfiner les sports d’équipe, qui peuvent «sauve(r) la vie de plusieurs ados ayant des pensées noires».

Catherine Villeneuve, de l’École secondaire de La Seigneurie, a commencé sa lettre par: «Cher Monsieur Legault, en tant qu’adolescente québécoise, je voudrais vous dire que vous nous avez oubliés.»

Mercredi, M. Roberge a demandé d’éviter de «galvauder» le mot «oublié», avant d’indiquer qu’il était à la veille de déposer des scénarios en vue de la prochaine rentrée scolaire.

Il a présenté ces scénarios au conseil des ministres, puis les présentera aux partenaires du réseau jeudi. Le ministre prévoit ensuite consulter les députés d’opposition lundi dans le but de bonifier le plan pour la rentrée.

Rattrapage estival et fréquentation alternée?

Jean-François Roberge n’exclut pas de mettre sur pied des camps de perfectionnement dès cet été pour les élèves du secondaire. Les libéraux l’exhortent à rendre ce service accessible à l’ensemble des élèves québécois.

«Ça fait déjà un certain temps qu’on travaille (…) pour voir de quelle façon, avec quels locaux, quels fonds, quels enseignants ou quels professionnels on pourrait donner du soutien aux élèves durant l’été avant la rentrée», a déclaré le ministre.

Contrairement à ce qu’il affirmait la semaine dernière, M. Roberge veut maintenant «écarter» le scénario d’une rentrée purement virtuelle à l’automne pour les élèves du secondaire.

«D’avoir des écoles secondaires fermées, c’est un scénario à écarter, à éloigner, on se bat contre ça», a-t-il dit. 

En revanche, l’idée d’une fréquentation alternée, en présentiel et à distance, semble faire son chemin au ministère, s’est réjouie la députée péquiste Véronique Hivon.  

«Je pense que quand il a évoqué que ça pourrait rester comme c’est en ce moment à l’automne, ça a créé beaucoup d’inquiétude. Il en a été témoin lui-même», a déclaré Mme Hivon.