Il est minuit moins cinq pour Roberge qui a une «bombe entre les mains», lance Hivon

QUÉBEC — Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a une «bombe entre les mains» qui risque de lui «exploser en plein visage» s’il ne se ressaisit pas à temps, estime le Parti québécois (PQ).

Dans une éclatante sortie publique jeudi, où elle a tiré à boulets rouges sur le ministre, la porte-parole du PQ en éducation, Véronique Hivon, a signalé une perte de confiance «importante» dans le réseau. 

Elle a multiplié les expressions guerrières pour souligner que l’heure était grave, que le milieu de l’éducation était sous tension, et que le gouvernement était rendu à l’étape de sauver le «soldat Roberge».

Plus tôt cette semaine, l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, avec ses 9000 membres, avait carrément réclamé la démission de M. Roberge.

Nouveau directeur stratégique

Mme Hivon a noté, jeudi, l’arrivée d’un nouveau directeur stratégique au sein de l’équipe de M. Roberge. Selon elle, c’est le signe que «l’heure est grave».

Jean-François Del Torchio était jusqu’à tout récemment chef de cabinet-adjoint et directeur des communications de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

«La soupe est très chaude. Il est vraiment minuit moins cinq pour Jean-François Roberge. 

«C’est lui en quelque sorte qui a la bombe entre les mains et qui sait s’il est capable d’arrêter le détonateur avant qu’elle ne lui explose en plein visage», a déclaré Mme Hivon.

La députée de Joliette a par ailleurs critiqué le premier ministre François Legault, qui n’a jamais prêté assistance à son ministre, selon elle, sinon de répéter que l’éducation était une grande priorité.

Si l’éducation est réellement une priorité, pourquoi donc cette «non-assistance», cette «désinvolture et nonchalance»? a-t-elle demandé.   

Supplice de la goutte

Véronique Hivon s’est moquée de l’annonce faite par le ministre Roberge mercredi, à l’effet qu’il lançait le recrutement des tuteurs pour les élèves en difficulté. «Wow, grosse nouvelle!»

Rappelons que le ministre avait promis, le 8 janvier dernier, de mettre sur pied un programme de tutorat qui débuterait «dès la fin de janvier». Le recrutement des tuteurs ne fait que commencer.

«Le tutorat, on en parle depuis le mois de mai, et il n’y a rien qui s’est fait, s’est exclamée Mme Hivon. Quand ça va s’appliquer? C’est quoi les conditions de rémunération? C’est quoi les besoins sur le terrain?

«On ne sait toujours pas c’est quoi la pondération des bulletins, les savoirs essentiels. On est à la moitié de l’année!»

D’ailleurs, les sommes annoncées mercredi sont une «goutte dans l’océan», selon le PQ, qui calcule qu’un élève en difficulté pourra bénéficier de seulement quelques heures de tutorat. 

«On demande au ministre d’arrêter le supplice de la goutte de l’information en matière d’éducation et de soutien scolaire.

«À un moment donné, il va falloir que le ministre se ressaisisse et comprenne que quand il fait une annonce, il faut que ce soit attaché, concret, puis il faut qu’on sache où on s’en va», a conclu Mme Hivon.

Legault réagit

Interrogé jeudi à savoir s’il avait encore confiance en son ministre, M. Legault a répondu être «très fier d’avoir Jean-François Roberge comme ministre de l’Éducation».

Le premier ministre ne voit «personne d’autre» occuper ce poste au gouvernement. «Il en a fait beaucoup depuis qu’il est là. C’est un gars qui a de l’expérience, qui a été enseignant, un père de famille.

«On vit actuellement une crise qui est sans précédent, et je ne voudrais pas avoir personne d’autre que lui pour gérer ça», a-t-il déclaré en point de presse. 

Par ailleurs, selon lui, le transfert d’un conseiller en communications dans un autre ministère ne veut rien dire. «Jean-François Del Torchio relève un nouveau défi à l’Éducation, qui est un ministère important.»

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