Il faudrait créer des parcs là où ils seront les plus utiles, croient des chercheurs

Les «régions naturelles» que le Canada protège ne correspondent pas toujours très bien aux besoins réels des Canadiens, selon des chercheurs.

Un article publié mardi conclut que le vaste réseau de parcs du pays ne protège pas de manière adéquate les zones qui fournissent de l’eau douce et des loisirs aux populations riveraines. L’article indique également que plus de la moitié des territoires sur lesquels les Canadiens comptent pour ces bienfaits écologiques font face à de fortes pressions des industries minières, énergétiques ou forestières.

«Nous devons commencer à prendre en compte ces autres avantages» écologiques, a déclaré Matthew Mitchell, auteur principal de l’article publié dans la revue «Environmental Research Letters». L’article examine quelles régions du pays sont en mesure de fournir de l’eau douce, du stockage du carbone et des possibilités de loisirs, et où ces avantages sont les plus nécessaires.

Un bassin hydrographique éloigné du nord de la Colombie-Britannique peut filtrer beaucoup d’eau, mais toute cette eau s’écoule dans l’océan. Par contre, un ruisseau dans les contreforts de l’Alberta se jettera dans des rivières dont dépendent des millions de personnes. De même, un parc national dans l’Arctique peut être spectaculaire, certes, mais un site pittoresque dans le Sud sera probablement plus affecté par un afflux de visiteurs.

L’examen a déterminé des «points chauds» où ces actifs environnementaux sont à la fois abondants et fortement sollicités. Les chercheurs concluent que les zones s’alignent mal avec le réseau des «aires conservées du Canada».

«Par le passé, certains des endroits choisis pour créer ces grandes zones protégées ont été, de façon très commode, des endroits qui sont de belles zones de roche et de glace, mais pas nécessairement où les gens peuvent en profiter», a déclaré Aerin Jacob, de l’initiative de conservation «De Yellowstone au Yukon», et coautrice de l’article. 

Les chercheurs notent que ces «points chauds» subissent une pression croissante: jusqu’à deux tiers des zones les plus importantes pour l’eau douce, le stockage du carbone ou les loisirs sont également soumises à l’extraction de ressources naturelles.

Matthew Mitchell souligne que les auteurs ne veulent pas critiquer l’approche du Canada à l’égard des aires protégées, qui permet la conservation de millions de kilomètres carrés d’habitat naturel, d’un océan à l’autre et même dans les océans. Mais à mesure que les populations et les économies croissent, dit-il, les planificateurs de l’utilisation des terres devront commencer à considérer d’autres valeurs du paysage que ce qui peut être coupé ou extrait. «Il faudrait aussi penser à conserver certains de ces sites.»

Et les parcs nationaux ne sont pas le seul outil, selon M. Mitchell: les aires protégées autochtones ou les accords d’intendance avec les propriétaires fonciers peuvent aussi très bien fonctionner.

Les Canadiens devront prendre au sérieux les choix difficiles concernant leurs terres, a-t-il suggéré. «Quand nous pensons aux loisirs et à l’eau, le tableau est vraiment complexe. Nous devons penser de manière plus créative à la façon de mener les activités industrielles, de manière à conserver ces services écologiques.»

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