Il faut plus de personnel pour réduire les retards aux frontières, alerte un syndicat

OTTAWA — Le président du syndicat des agents des douanes et de l’immigration affirme que les longues files d’attente à la frontière ne disparaîtront pas nécessairement par enchantement lorsque l’utilisation de l’application ArriveCAN deviendra facultative, à compter de samedi.

Mark Weber, président national du Syndicat des douanes et de l’immigration, a prévenu mardi qu’à cause d’une pénurie chronique de main-d’oeuvre, il y aura des «retards importants» aux postes frontaliers du Canada si le nombre des voyages commence à augmenter considérablement.

M. Weber s’est adressé au Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes, qui se penche sur les «impacts potentiels de l’application ArriveCAN sur certains secteurs canadiens». L’application a été conçue pour fournir des informations sur les voyages et la santé publique avant et après l’entrée des personnes au Canada.

Le décret du cabinet qui rend obligatoire la preuve vaccinale à la frontière et l’utilisation d’ArriveCAN pour les voyageurs entrants expire vendredi soir, et le gouvernement a confirmé lundi que ce décret ne serait pas renouvelé.

M. Weber soutient que l’Agence des services frontaliers du Canada a besoin de milliers d’agents supplémentaires pour réaliser son mandat. Il exhorte donc le gouvernement à embaucher plus de personnel pour assurer la circulation des personnes et des biens aux frontières, et non de se fier sur une technologie comme l’application ArriveCAN, qui est «mal conçue», selon lui.

«J’exhorte le gouvernement et l’agence à s’attarder dès maintenant à la grave pénurie de main-d’oeuvre qui affecte les services frontaliers dans tout le pays, a-t-il déclaré aux députés. La réalité est vraiment sombre.»

M. Weber soutient que malgré la meilleure volonté de ses membres, l’Agence des services frontaliers ne peut pas freiner adéquatement la contrebande de marchandises dangereuses au Canada.

Cet été, a-t-il dit, à certains des passages frontaliers terrestres les plus achalandés, l’agence a dû parfois choisir entre le contrôle adéquat des marchandises ou celui des voyageurs.

ArriveCAN aux boutiques hors taxes

Par ailleurs, la présidente de l’Association frontières hors taxes a rappelé mardi aux membres du comité que les boutiques hors taxes aux postes frontaliers terrestres avaient été contraintes de fermer presque complètement au plus fort de la pandémie de COVID-19.

«Sans vouloir exagérer, nous avons été les plus durement touchés des plus durement touchés», a déclaré Barbara Barrett, directrice générale de l’association.

Au cours des derniers mois, alors que l’économie canadienne se redressait, les ventes dans les boutiques hors taxes sont restées bien inférieures aux niveaux d’avant la pandémie, a-t-elle soutenu. Mme Barrett attribue cette crise aux restrictions sanitaires fédérales et à l’utilisation obligatoire de l’application ArriveCAN dans les boutiques hors taxes.

Elle a soutenu que de nombreux aînés américains trouvaient l’application ArriveCAN trop complexe et l’ont boudée, tandis que d’autres n’avaient pas de téléphone intelligent ou avaient besoin de l’aide du personnel de la boutique hors taxes pour l’utiliser.

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